C'est une enquête internationale qui le met en évidence : pour près de 4 français sur 10, l’efficacité de leur système de santé s’est détériorée au cours des 5 dernières années. L’amélioration de l’accès aux soins et du rapport qualité/coût représentent pour 80% d’entre eux un enjeu majeur pour les prochaines années. Revue de détails.
L'enquête réalisée par le cabinet d'audit Deloitte1 révèle de nombreux paradoxes et alerte sur l’état du système de santé en France jugé globalement performant (les motifs de satisfaction portant notamment sur l’innovation médicale et sur l’accès aux meilleures technologies) bien que largement perfectible. Si à une large majorité, 73%, les Français considèrent toujours le système français comme un des meilleurs du monde, ils ne sont plus que 51% à avoir une appréciation positive de ses performances, les plus critiques étant ceux qui en ont la moins bonne compréhension. Une connaissance insuffisante du système de santé induit des perceptions négatives quant à ses performances et à son efficacité.
Il s’agit donc d’un véritable enjeu pour les pouvoirs publics et une meilleure communication et plus de pédagogie semblent nécessaires.
Les Français se disent déçus de leur expérience de « patient-consommateur » et sont critiques sur plusieurs aspects du service rendu (en particulier les temps d’attente pour accéder à un service) mais ils notent aussi un manque d’attention portée au patient individuel.
La moitié des ménages français ont vu leurs dépenses de santé augmenter en 2011, à hauteur de plus de 10% pour 40% d’entre eux. Par ailleurs, près des deux tiers estiment que le ralentissement économique a eu des conséquences sur le budget qu’ils consacrent à leur santé, ceux ayant les plus bas revenus et la moins bonne couverture d’assurance étant les plus affectés. Cette tendance semble être plus durement ressentie par les Français (66%) que par les citoyens de la plupart des autres pays couverts par l’enquête. L'inquiétude règne : 1/4 des ménages en moyenne pense ne pas être prêt à assumer ses frais de santé à venir, et ce indépendamment de l’étendue de leur couverture santé.
De plus, le système de santé français est jugé dispendieux par 2 Français sur 3 et peu efficace : gaspillage, bureaucratie, manque de responsabilisation individuelle en matière de santé et l'acharnement thérapeutique en fin de vie. 1 Français sur 2 considère que la qualité des soins pourrait être améliorée tout en réduisant les coûts.
Les Français sont moyennement satisfaits de leur état de santé et de son évolution, mais paradoxalement ils font peu d’efforts pour l’améliorer. Les Français sont sensiblement plus pessimistes sur leur santé que les citoyens d’autres pays (moins de 40% d’entre eux se considèrent en très bonne santé et un sur quatre juge son état de santé médiocre). De plus, un sur quatre estime également que son état de santé s’est dégradé au cours de la dernière année, cette perception affectant toutes les classes d’âge.
Pour autant, la prévention est encore loin d’être au cœur des préoccupations des Français :
Le médicament reste un pilier important de « l’approche santé » des Français qui sont toujours parmi les plus gros consommateurs de médicaments de prescription au monde (56% des Français déclarent en consommer de façon régulière avec une prise quotidienne moyenne de 3 médicaments). L’actualité récente (affaire du Mediator notamment) ne semble pas encore avoir affecté le niveau de confiance dans les médicaments de prescription, puisque 7 patients français sur 10 sont convaincus de leur efficacité. La notion de coût et de rapport qualité/prix commence cependant à émerger dans les demandes de prescription (1 Français sur 5 a demandé à son médecin la prescription d’un générique pour des raisons économiques au cours des 12 derniers mois). Par ailleurs, moins d'1 Français sur 2 considère que le rapport qualité/coût des médicaments de prescription est bon. Cette proportion tombe à un sur quatre pour les médicaments sans ordonnance.
Bien qu'intéressés par le sujet, les Français sont encore réticents sur beaucoup d’aspects de l’« e-Santé » et en restent des utilisateurs très modestes. Si 51% d’entre eux sont favorables à l’introduction du DMP électronique, à ce jour seuls 6% ont créé leur propre dossier, les risques « ressentis » en matière de sécurité et de confidentialité étant très clairement des freins sérieux.
Si 1 Français sur 2 atteint d’une maladie chronique se dit intéressé par un dispositif médical permettant du monitoring à domicile,
90% des Français sont sceptiques quant à l’utilisation d’outils électroniques (smartphone ou PDA) permettant le suivi à distance de traitements ou l’obtention d’informations relatives à leur santé.
Les Français sont majoritairement satisfaits de leur assurance santé, mais sont inquiets pour l’avenir. Seuls 9% d'entre eux considèrent que leur couverture d’assurance est insuffisante, le niveau de satisfaction globale se traduisant par un taux de fidélité très élevé. Toutefois, crise oblige, 2 Français sur 3 affirment avoir atteint ou dépassé leur limite budgétaire en matière de prime d’assurance santé. Pour autant les Français s’orientent majoritairement vers une couverture individualisée ignorant les bénéfices d’une mutualisation des coûts.
Les assureurs font face à quelques défis importants pour l’avenir en matière de communication et d’image :
Note
Bernadette FABREGAS
Rédactrice en chef IZEOS
bernadette.fabregas@izeos.com