Le test de la bandelette urinaire

Article Extrait de : L’aide-soignante n° 107

Aide-soignant.com s’est associé aux éditions Elsevier Masson pour vous proposer une sélection d’articles issus de leurs deux revues aides-soignantes.

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Un test à l’aide d’une bandelette réactive permet de dépister la présence de sucre ou de corps cétoniques dans les urines, ce qui constitue un signal d’alarme chez le patient diabétique. L’aide-soignante peut réaliser ce test, en respectant le mode d’emploi et les règles d’hygiène.

Le test de la bandelette urinaire permet d’effectuer une analyse simple et rapide de certains paramètres urinaires. Les bandelettes urinaires les plus courantes comportent huit plages de couleur qui réagissent à la présence de certains éléments.

  • Les nitrites révèlent une infection urinaire (la plupart des germes en fabriquent).
  • Les leucocytes identifient une présence de pus dans les urines.
  • Le sang dans les urines (ou hématurie) peut révéler une infection urinaire.
  • Le PH (potentiel hydrogène) permet de mesurer l’acidité des urines.
  • La densité permet de savoir si les urines sont concentrées.
  • Un taux de protéines élevé reflète une atteinte rénale, certaines maladies du rein entraînant une fuite de protéines dans les urines.
  • Les corps cétoniques sont présents dans les urines en cas d’hypoglycémie et d’hyperglycémie.
  • Le glucose est la conséquence d’une hyperglycémie.

Intérêt de l’analyse d’urines chez le patient diabétique

L’analyse des urines à l’aide d’une bandelette permet de détecter une glycosurie ou une acétonurie.

  • La glycosurie correspond à la présence de sucres dans les urines. Sa valeur normale est nulle. La glycosurie apparaît lorsque la glycémie (taux de sucre dans le sang) est supérieure à 1,80 g/L. Elle permet d’apprécier l’équilibre du diabète, mais pas de détecter une glycémie entre 1,26 et 1,80 g/L.
  • L’acétonurie correspond à la présence d’acétone dans les urines. Il convient de rechercher la présence d’acétone chez le patient diabétique :
    • en cas de maladie ;
    • lorsque la glycémie est très élevée (au-dessus de 2,50 g/L).

Réalisation du test de la bandelette urinaire

La recherche d’acétonurie et de glycosurie dans les urines s’effectue au moyen de bandelettes réactives.

Rôle de l’aide-soignante

Selon le référentiel d’activités1, « l’aide-soignant exerce son activité sous la responsabilité de l’infirmier, dans le cadre du rôle propre qui relève de l’initiative de celui-ci (...) ». L’activité 2 est la surveillance de l’élimination urinaire. De plus, la compétence 2 de l’aide-soignante correspond à l’appréciation de l’état clinique d’une personne2.

Causes de l’acétonurie chez le patient diabétique

L’organisme est constitué de milliards de cellules qui ont besoin d’énergie pour vivre. Les cellules brûlent les aliments qui servent de combustible. Lorsqu’un combustible manque, l’organisme va en utiliser d’autres. Ainsi, lorsque les aliments manquent, l’organisme va puiser dans ses réserves (dans le foie et les muscles). Après épuisement de ces réserves, l’organisme va faire appel à un combustible de secours en brûlant des graisses et des protéines, dont la dégradation produit des corps cétoniques. Chez le patient diabétique, lorsqu’il y a un manque d’insuline (qui permet le passage du glucose dans les cellules) ou un jeûne prolongé, les cellules de l’organisme, en manque de glucose, vont faire appel aux réserves graisseuses, d’où la production des corps cétoniques. Ces derniers sont des déchets toxiques pour l’organisme qui s’éliminent par les urines.

Le diabète de type 2 en pratique

Matériel

L’aide-soignante prépare :

  • un verre à pied, un urinoir ou un bassin ;
  • un flacon de bandelettes réactives ;
  • un haricot ;
  • une paire de gants non stériles ;
  • une montre avec trotteuse.

Réalisation

  • Se laver les mains avant et après le soin. Il s’agit d’un soin non stérile.
  • Expliquer au patient le déroulement et le but du soin.
  • Faire uriner le patient directement dans le verre à pied dans la mesure du possible, sinon utiliser un urinoir ou un bassin.
  • Mettre les gants non stériles.
  • Tremper la bandelette dans l’urine.
  • Attendre le temps recommandé pour la lecture de la bande réactive (généralement quelques dizaines de secondes).
  • Comparer la couleur obtenue avec l’échelle colorimétrique placée sur le flacon.
  • Noter le résultat obtenu sur le dossier de soins et le transmettre à l’infirmière.
  • Éliminer les déchets, nettoyer et désinfecter le matériel. Précautions à prendre
  • Vérifier la date de péremption du flacon de bandelettes.
  • Ne pas toucher les zones réactives de la bandelette.
  • Respecter le temps de lecture.

Conclusion

Les aides-soignantes ont un rôle important dans la prise en charge du patient diabétique. Vérifier la présence de sucre ou d’acétone dans les urines en effectuant le test de la bandelette urinaire est une de leurs tâches.

 

Notes

1 Arrêté du 22 octobre 2005 relatif au diplôme professionnel d’aidesoignant – devenu aujourd’hui un diplôme d’État. Consultable sur www.legifrance.gouv.fr
2 Référentiel de compétences, arrêté du 25 janvier 2005. Consultable sur www.legifrance.gouv.fr.

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L’aide-soignante

Editeur : Elsevier Masson
10 n° par an
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Les rubriques :
Actualités - Dossier Formation – Zoom – Pratique - Fiche technique - Guide (livres, agenda, petites annonces…)

• Mai 2009 • Article extrait de la revue L'aide-soignante n°107

Halima KACHKACHE
Cadre de santé
Service d’endocrinologie-diabétologie,
Hôpital Robert Ballanger
Aulnay-sous-bois (93)
halima.kachkache@ch-aulnay.fr

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