Rôle de l’aide-soignante auprès du donneur d’organes et de sa famille

Article Extrait de : L’aide-soignante • n° 110

Aide-soignant.com s’est associé aux éditions Elsevier Masson pour vous proposer une sélection d’articles issus de leurs deux revues aides-soignantes.

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Le patient dont les organes vont être prélevés requiert les mêmes attentions que les autres patients de réanimation. Le rôle de l’aide-soignante prend tout son sens auprès de la famille, qu’il faut informer et épauler.

L’aide-soignante de réanimation et de bloc opératoire a un rôle important auprès du patient donneur d’organes et de sa famille.

En réanimation

Le patient en état de mort encéphalique se trouve dans un coma profond. Il est totalement aréactif, intubé, ventilé.

Soins de nursing

Les soins de nursing sont très importants pour maintenir le patient dans les meilleures conditions d’hygiène. Le rôle de l’aide-soignante est de veiller à effectuer régulièrement des soins d’yeux, des soins de bouche et des toilettes complètes au lit avec capiluve.

Des soins des yeux doivent être dispensés afin d’enlever toutes les salissures, qui ne peuvent être éliminées par le mouvement des paupières. Par ailleurs, le patient ne déglutit plus sa salive, celleci stagne donc dans la bouche et peut déborder. Il faut par conséquent aspirer souvent dans la bouche avec une sonde de gros calibre, qui doit être jetée après chaque utilisation. L’aide-soignante peut aider l’infirmière.

Ces soins sont identiques à ceux dispensés aux autres patients en réanimation mais ils ne doivent pas être oubliés. En effet, le fait que le patient soit en état de mort encéphalique, donc mort, ne signifie pas qu’il n’a plus besoin de ces soins. Au travers les gestes de nursing effectués sur le donneur, c’est déjà en quelque sorte le futur greffé dont les soignants s’occupent.

Accompagnement de la famille

Tout au long de la présence du donneur en réanimation, les aides-soignantes peuvent tout comme les infirmiers être sollicitées par l’entourage pour obtenir des informations. Il faut donc que l’infirmière coordinatrice transmette à l’équipe les évolutions de l’état du patient (le moment et les circonstances du diagnostic de mort encéphalique est très important) afin qu’aucun impair ne soit commis lors des échanges avec la famille.

L’aide-soignante, très présente au chevet du patient, fait le lien avec la famille du donneur. Elle constitue un point de repère.

Au bloc opératoire

L’aide-soignante travaillant au bloc opératoire est aussi concernée par la prise en charge du donneur pendant l’intervention. Elle participe à l’accueil des équipes chirurgicales, à la surveillance des circuits et des habillages ainsi qu’à la toilette mortuaire à la fin du prélèvement chirurgical.

La coordinatrice a alors un important rôle relationnel vis-à-vis des membres de l’équipe du bloc qui sont très demandeurs d’explications quant à la manière dont l’entourage a été approché et à leur réaction.

 

Hôpitaux habilités à prélever des organes
Seuls les hôpitaux qui disposent d’un service de réanimation, des services techniques indispensables et du personnel formé peuvent le faire, avec l’accord des autorités de santé. Cependant, un grand nombre d’établissements de soins participe à l’activité en identifiant les patients en état de mort encéphalique et en les transférant vers les hôpitaux autorisés.

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L’aide-soignante

Editeur : Elsevier Masson
10 n° par an
+ version en ligne de la revue (accès payant pour les Institutions)
Dimensions : 21 cm x 29,7 cm

Les rubriques :
Actualités - Dossier Formation – Zoom – Pratique - Fiche technique - Guide (livres, agenda, petites annonces…)

• Octobre 2009 • Article extrait de la revue L'aide-soignante n°110

Chantal BICOCCHI
Infirmière coordinatrice de transplantation,
Hôpital Beaujon, AP-HP, Clichy-la-Garenne (92)
chantal.bicocchi@bjn.aphp.fr

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