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Vidange d’un sac collecteur d’urines relié à une sonde vésicale

Article Extrait de : Soins Aides-soignantes n° 29

Aide-soignant.com s’est associé aux éditions Elsevier Masson pour vous proposer une sélection d’articles issus de leurs deux revues aides-soignantes.

Cet article est extrait de la rubrique "Régles d'Orr" coordonnée et réalisée par Marie-Odile Rioufol, Cadre formateur, Lyon (69)

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L’introduction d’une sonde dans la vessie est un soin invasif qui permet de recueillir les urines, selon des indications très précises. Lors des manipulations de ce dispositif, il existe un risque majeur de contamination. Les infections urinaires sont les infections liées aux soins les plus fréquentes. L’aide-soignante participe au soin en étant responsable de la vidange du sac collecteur d’urines par l’intermédiaire d’un robinet.

La vidange d’un sac collecteur d’urines relié à une sonde vésicale requiert la mise en pratique extrêmement rigoureuse de règles précises concernant la réalisation des soins, le recueil et la transmission des informations. En effet, les infections urinaires1 sont les plus fréquentes des infections liées aux soins. La pose d’une sonde vésicale est un soin invasif, contrairement à la pose d’un étui pénien2 chez l’homme.

Objectifs et organisation

Lecture des transmissions et recueil des informations

La lecture des transmissions permet de s’informer :

  • de la présence d’une sonde urinaire (date de pose), d’une diurèse3 éventuelle, ou de l’émission en un temps donné des urines du patient ;
  • de la survenue d’incidents (sonde arrachée ou obturée, infection urinaire, désadaptation accidentelle du sac collecteur, fuite…).

Le recueil d’informations est pratiqué au lit du patient :

  • planifier la toilette génitale le matin et observer le niveau de remplissage de la poche (remplie à moitié ou aux deux tiers) pour en réaliser la vidange aseptique ;
  • planifier la vidange du sac collecteur au moment d’un relevé éventuel de la diurèse, ou en cas de transport ou déplacement du patient (examens, transferts…) ;
  • observer la poche des urines (couleur, écoulement) ;
  • s’assurer de l’absence de fuite, pour ce faire, découvrir le patient avec son accord pour :
    • rechercher une tâche d’humidité sous les fesses, une sensation d’humidité dite par le patient, une désadaptation de la sonde ou du sac collecteur ;
    • vérifier la propreté de la sonde et l’absence de fuite au niveau du méat, le long du tuyau et jusqu’au sac ;
  • être à l’écoute d’une plainte du patient du type :
    • gêne, douleur au niveau de la sonde ;
    • frissons ou sensation de fièvre et/ou douleur lombaire ou abdominale (si besoin vérifier régulièrement sa température centrale) ;
    • évaluer son degré de dépendance physique et psychologique pour adapter le soin.

Matériel

Pour la toilette génitale, l’aide-soignante prévoit le matériel suivant : gant de toilette, serviette, savon, cuvette, bassin, bock d’eau tiède.

Pour la vidange de la poche, l’aide soignante utilise des compresses stériles, un antiseptique, un bocal pour recueillir les urines. Prévoir aussi du sparadrap et un sac poubelle.

Réalisation

Efficacité et hygiène

La réalisation du soin suppose au préalable de :

  • se laver les mains, mettre les gants et suivre le protocole du service, s’il existe, ou les recommandations des organismes4 responsables de la lutte contre les infections nosocomiales et infections liées aux soins ;
  • procéder à une toilette minutieuse de la zone génitale à l’eau et au savon (chez la femme : laver du méat urinaire vers l’anus, rincer, ne pas faire de mouvement de va-et-vient pour ne pas disséminer les germes, sécher en tamponnant).

L’hygiène de la sonde requiert des gestes précis :

  • laver la sonde à l’eau et au savon, rincer en partant du méat urinaire (éviter les mouvements de va-et-vient) ;
  • désinfecter la sonde, selon le protocole, avec une compresse imbibée d’antiseptique ;
  • fixer la sonde avec un sparadrap, après l’avoir positionnée :
    • sur la face interne de la cuisse chez la femme ;
    • sur l’abdomen (verge bien recalottée, posée sur le pubis) chez l’homme (cette position sert à prévenir l’escarre et l’oedème du gland).

La vidange de la poche suppose de respecter scrupuleusement un certain nombre de règles :

  • ne pas toucher le robinet avec les doigts ;
  • le désinfecter à l’ouverture et à la fermeture avec les compresses imbibées d’antiseptique ;
  • ouvrir le robinet au-dessus du bocal (l’embout ne doit pas toucher le bocal), laisser écouler les urines, fermer le bocal ;
  • fixer la poche en déclive au lit, ou au fauteuil ou à la jambe du patient pour éviter tout reflux éventuel.

En cas de souillures par des fuites d’urines sur le sol, laver et désinfecter.Éliminer les déchets par la filière Dasri (déchets d’activités de soins à risque infectieux).

Sécurité

Les infections urinaires sont les plus fréquentes des infections liées aux soins. Toute manipulation du sac collecteur exige une grande rigueur dans le respect des règles d’hygiène et d’asepsie :

  • ne pas tirer sur la sonde pendant son nettoyage ;
  • ne pas la repousser dans l’urètre (risque de lésion) ;
  • en cas de désadaptation du sac et de rupture du “ système clos ” qui suppose que la sonde ne doit jamais être déconnectée du sac collecteur d’urines (encadré), ne pas le raccorder et prévenir immédiatement l’infirmier ;
  • veiller à ce que le sac collecteur se trouve toujours placé plus bas que le niveau de la vessie ;
  • en cas de mobilisation du patient (retournement, par exemple), si le sac collecteur doit passer au-dessus de celui-ci, clamper la sonde pour éviter un reflux éventuel ;
  • en cas de transport ou de déplacement du patient, vidanger auparavant le sac collecteur ;
  • surveiller que les urines s’écoulent dans le sac ;
  • veiller à ce qu’il n’y ait pas de fuites au niveau du robinet, de la sonde et du raccord ;
  • en installant le patient, vérifier que la sonde et son tuyau sont bien en place (ni pliés, ni coudés, ni écrasés sous le patient).

Confort

Pour le confort du patient, deux règles sont à observer :

  • s’assurer que le sac est bien fixé avec un crochet de suspension ou bien attaché au lit ou au fauteuil
  • vidanger la poche lorsqu’elle est pleine à moitié ou aux deux tiers.

Critères de qualité du soin

En termes de sécurité et de confort, les critères de qualité du soin sont au nombre de 4 :

  • la sonde est fixée sans risque et la poche est en déclive ;
  • l’urine s’écoule régulièrement dans le sac collecteur et sans fuite ;
  • l’infirmier est prévenu immédiatement lors d’une mobilisation accidentelle de la sonde et de toute désadaptation de la poche ou rupture du “système clos” ;
  • les données cliniques, soit la température, l’aspect des urines, la présence de frissons ou de douleurs ressenties par la personne…, sont observées au moins une fois par jour.

En termes d’hygiène, il convient de retenir 2 critères essentiels :

  • les mesures et protocoles d’hygiène sont respectés ;
  • l’asepsie du robinet est effectuée à chaque vidange.

Relation

Avec la personne

L’exécution du soin s’accompagne d’une communication avec le patient :

  • l’informer du soin et des principes du “système clos” afin qu’il ne touche pas à la sonde ;
  • lui expliquer que la sonde doit se trouver en contrebas et qu’il n’hésite pas à appeler pour signaler toute anomalie (fuites, gêne…) ;
  • lui conseiller de boire (sauf contreindications) pour assurer une diurèse régulière et lutter contre le risque d’infection urinaire.

Avec l’équipe

Le soin est noté et fait l’objet d’une transmission à l’équipe :

  • transmettre le volume d’urine vidangé, son aspect, sa couleur, son odeur et toute anomalie concernant les urines et la zone génito-urinaire (oedème, rougeur, écoulement…) ;
  • prévenir l’infirmier en cas :
    • de désadaptation de la sonde et rupture du système clos ;
    • d’apparition chez le patient de frissons, hyperthermie ou douleur.

Le saviez-vous ?

  • Le changement de la sonde vésicale et du sac collecteur relié à la sonde sont des soins stériles et relèvent de la compétence de l’infirmier.
  • La vidange du sac collecteur, précédée par une toilette génitale aux patients porteurs d’une sonde à demeure, relève de la compétence de l’aide-soignant.


Notes

1 Institut de veille sanitaire (InVS). Enquête de prévalence des infections nosocomiales, 2006 www.invs.sante.fr
2 Rioufol M-O.Pose d’un étui pénien et change de poche. Soins Aidessoignantes, avril 2009 ; 27 : 22-23
3 Diurèse Rioufol M-O. Mesure de la diurèse et sa transcription. Soins Aidessoignantes, février 2007 ; 14 : 22-23
4 Rioufol M-O. La prévention des infections associées aux soins Soins Aidessoignantes, juin 2008 ; 22 : 17-19

Bonnes pratiques de l’Anaes (Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé, HAS), du Clin au niveau de l’établissement, du Cclin (centre de coordination de lutte contre les infections nosocomiales) au niveau régional ou du Ctinils (Comité technique des infections nosocomiales et des infections liées aux soins) au niveau national.

Soins Aides-soignantes n°29 S'abonner

Soins Aides-soignantes

Editeur : Elsevier Masson
6 n° par an
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Dimensions : 21 cm x 29,7 cm

Les rubriques : Actus - Rubriques alternées : Pathologie, Démarche de soins, Juridique, Domicile, Règles d’ORR, Psychologie, Diététique, Bien-être du soignant - Dossier, Fiches, Vie pratique, petites annonces, agenda.

• Août 2009 • Article extrait de la revue Soins Aides-soignantes n°29

Règles d'ORR
Rubrique coordonnée et réalisée
par Marie-Odile Rioufol
Cadre formateur, Lyon (69)

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