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Et toi, tu travailles pour Noël ou Nouvel an cette année ?

A l'approche du mois de décembre, chaque paramédical hospitalier se pose cette question fatidique : ai-je envie d'ouvrir mes cadeaux devant une bonne dinde aux marrons en compagnie de Maman-Papa-Tante Jeanine et ses adorables marmots, ou me laisserai-je tenter par l'appel de la fête entre copains, petits fours-cotillons-robe à paillettes, en attendant le célèbre compte à rebours? A supposer bien sûr, que l'on ait le choix de la réponse...

Noël à l'hôpitalEt oui, c'est cela aussi la continuité des soins, les patients n'ont jamais la bonne idée de s'en aller le 24 décembre pour ne revenir que le 2 janvier ! Il n'y a donc pas trente six mille questions à se poser, il faut mouiller le maillot (enfin la blouse quoi, on se comprend !) et « sacrifier » une des deux nuits magiques. Personnellement, mon desiderata a, jusqu'à présent, toujours été respecté, c'est ce qui m'a permis de très bien vivre mes fêtes de fin d'année entre chez moi et l'hôpital. Adepte des embrassades sous le gui, j'ai déjà passé deux Noëls en compagnie de mes petits patients. Et ce n'est pas parce que l'on est à l'hôpital que l'esprit de Noël reste à la porte...

Noël à l'hôpital, pas génial...

Chez la plupart des gens, Noël représente le temps du partage et de la famille par excellence. L'hospitalisation d'un enfant rompt, souvent de façon brutale et impromptue, le schéma familial « parfait » imaginé. Ainsi, lorsque les enfants sont petits, ce sont souvent les parents qui ont le plus de mal à vivre cette cassure. Ils voient en Noël le moment d'être tous ensemble, de voir les cousins, les grands parents... Difficile d'imaginer faire la fête s'il manque un des enfants autour de la table. C'est alors à nous, personnel hospitalier, de créer une ambiance aussi festive et familiale que possible, pour que l'enfant, et l'un des deux parents qui reste bien souvent à l'hôpital, essaient de profiter au maximum de la magie des fêtes. Des permissions sont parfois accordées aux enfants dont l'état de santé le permet, pour qu'ils puissent passer Noël avec les leurs, mais c'est loin d'être le cas de tous. Pour les plus grands, c'est encore plus compliqué car ils se rendent compte qu'ils vont passer Noël loin de chez eux, et cette idée a de quoi les déprimer. Il faut alors redoubler d'efforts et d'imagination pour leur redonner le sourire.

...Mais peut être pas si mal ?

Dès que la période de l'Avent pointe le bout de son nez, l'hôpital des enfants malades revêt son habit de fêtes. Un grand sapin trône fièrement à l'entrée de l'hôpital, accompagné par les rennes lumineux du Père Noël. Les couloirs sont envahis de boules, guirlandes et autres décorations, souvent fabriquées par les enfants eux-mêmes. Ici un lutin qui « prépare mon cadeau à moi », là-bas un renne qui tire la langue (rose à paillette bien sûr !), ou encore plus loin une montagne de faux cadeaux dorés « en attendant les vrais ». Évidemment, ce n'est pas Disneyworld mais cela suffit à réchauffer l'atmosphère ! Un petit sapin (un vrai, qui sent!!) marque l'entrée de chaque service et certaines fenêtres se couvrent de traîneaux et de Pères Noël joufflus et rieurs ! Hygiène oblige, on ne peut pas mettre de vrais sapins dans les chambres, ni de grosses branches de houx (je vous jure que des parents m'en ont déjà fait la demande !), mais un gros calendrier de l'Avent plein de bons chocolats fait souvent aussi bien l'affaire auprès des enfants ! « Petit Papa Noël » et « Vive le vent » s'écoutent en boucle dans les chambres (je vous mets au défi de rester zen au bout de la huitième heure d'écoute!)... Bref, on sent que le grand moment approche et que tout le monde l'attend avec impatience.

Les bénévoles de l'hôpital sont extrêmement présents tout au long de l'année et encore plus pour les fêtes. Ils rendent visites à tous les enfants, décorent les services, organisent des activités... Ils font preuve d'une énergie et d'une imagination débordantes et après leur passage, parents enfants et soignants ont « la banane jusqu'aux oreilles » ! Les clowns sont également de la partie, et ce ne sont pas les derniers pour faire des bêtises et du bruit ! Les visites des familles égayent également les journées. Une très belle solidarité se développe parfois dans les chambres doubles : des cadeaux s'échangent, des dessins s'accrochent un peu partout, des cartes émouvantes et sympathiques sont rédigées... C'est vraiment l'esprit de fête qui rayonne ! Tous les jours, les enfants agrandissent leur liste de cadeaux, se donnent des idées entre eux, parfois au grand dam des parents qui se demandent bien où leurs marmots vont chercher tout ça !

Selon son goût et son envie, chaque soignant devient un des lutins du Père Noël. Ses plus fervents admirateurs portent ces fameux bonnets rouge et blanc lumineux, voire même musicaux : attention aux oreilles ! D'autres, plus gourmands, font à manger pour les collègues, les parents, et les enfants qui ont le droit de grignoter. On parle liste de Noël, guirlandes et sapins, Noëls anciens et à venir...

Une des responsabilités des médecins masculins est de trouver un volontaire qui fera un Père Noël crédible et sympathique pour la fameuse visite des 24 et 25. Ainsi pendant des années, la légende dit que c'est l'éminent Professeur et Chef du service qui a endossé ce rôle avec brio! Ça force le respect, non? Preuve que quand on épouse la pédiatrie, on est obligé d'accorder de l'importance à ce qui en a pour les enfants.

Chacun reçoit un cadeau adapté à son âge, et pas n'importe quoi s'il vous plaît ! Il y a plusieurs distributions et les enfants qui sont hospitalisés durant toute la période de Noël en ont souvent un joli petit tas à leur sortie ! Personne n'est oublié, surtout pas les bébés. Je me souviens de la joie et de l'émotion d'une maman en découvrant le petit paquet au pied du berceau de son nourrisson. « Oh, le Père Noël est passé le voir?! Si vous saviez comme cela me touche qu'il ait eu un Noël comme les autres ! ».

L'hôpital organise également des concerts et visites de vedettes, écrans géants pour diffusion de dessins animés, parades de Mickey et tous ses copains, bûches et repas de Noël pour le personnel et les enfants... Finalement, il n'y a pas de quoi s'ennuyer!

Cette année, j'ai la chance incroyable d'avoir mes deux fêtes de repos (et oui, ça arrive aussi de temps en temps, Youpi !), mais quand je me remémore tout cela, j'ai presque envie de mettre mon bonnet rouge, de faire des petits sablés, et d'aller faire de gros bisous à mes petits patients chéris ! Tous ces petits faits semblent peut être dérisoires à certains mais je trouve qu'ils brillent tous d'une très grande valeur : la Solidarité. Finalement, n'est ce pas le plus beau cadeau que l'on puisse faire à tous ces enfants si courageux ?

Sabrina RIBAUD
Rédactrice aide-soignant.com

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