"Faire un métier que l'on aime avec détermination, dévouement, motivation et passion..."

La journée du 26 novembre est, vous ne le savez peut-être pas, une journée internationale qui vous concerne. Restée discrète, la Journée internationale des aides-soignants existe en effet depuis 2010 et semble avoir été initiée par la profession elle-même. Il y a quelques temps, Aide-soignant.com vous a encouragé, à cette occasion, à écrire une Lettre à un(e) ami(e) qui voudrait devenir aide-soignant(e). Voici celles d'Amélie et d'Isabelle que nous partageons avec plaisir !

Ma lettre est destinée à mon amie Pascale, une femme de 45 ans, maman de 3 enfants. Elle exerce depuis 20 ans dans un grand hôtel parisien. Je l'ai rencontré lors d'un séjour de vacances en Tunisie et nous avons parlé de « nos vies ». Elle m'a demandé le métier que j'exerçais, « AIDE-SOIGNANTE », si ce métier lui a bien dit quelque chose, elle ne savait pas vraiment en quoi il consistait, comme malheureusement beaucoup de monde. Elle m'a donc demandé d'éclaircir la situation !

Lettre à Pascale

Objet : faire un métier que l'on aime

PJ : intérêt, détermination, dévouement, motivation, passion

sénior soutien soignanteUne première question se pose : pourquoi choisir le métier d'aide-soignante et pas celui de médecin, d'infirmière par exemple dont on parle le plus souvent quand on parle de professionnels de santé. C'est vrai car nous parlons peu ou très rarement du métier d'aide-soignant, de son rôle auprès du patient.

Pourrions-nous nous en passer ? Est-il indispensable dans la prise en charge du patient ?  Pour cela, chère Pascale, je vais présenter mes différentes expériences professionnelles pour te donner une idée de ce qu'est le métier d'aide-soignante.

J'ai occupé mon premier poste au sein d'une clinique dans son service de médecine. Nous accueillons un public de tout âge et de pathologies multiples. Le médecin qui gérait ce service était titulaire d'un DU de soins palliatifs dans le but d'accompagner le patient dans la fin de sa vie dans les meilleures conditions possibles. Mon rôle, pour ceux qui n'étaient pas en soins palliatifs, était de les accompagner et les assister dans ce qu'il ne pouvait pas faire seul : se lever, s'habiller, se laver, manger... Dans ce service, il y avait une chose agréable : nous travaillions en binôme avec l'infirmière, nous faisions avec elle la distribution des médicaments et l'assistions dans certains soins comme, par exemple, les pansements ou la pose de perfusion.

Nous avions une fois par semaine un staff, c'est-a-dire une réunion avec l'ensemble du personnel du service, de l'infirmière au médecin en passant pas l'aide-soignant et aussi ceux qu'on oublie trop souvent, les agents de service hospitalier (ASH), je tenais à le souligner. Cette réunion nous permettait de nous rencontrer, de parler de nos patients, de poser nos questions sur leur situation, leur devenir, leur évolution, leurs examens et traitements mis en places. Chacun avait la parole et même nous, les aides-soignants ! Outre les soins techniques, l'accompagnement des patients en fin de vie fait partie du soin, plus précisément du prendre soin. Les accompagner dans leurs derniers moments pour certains avec « la chance »d'avoir à leurs cotés leur famille. Pour éviter que le patient ne soit seul, quoi de plus agréable que d'avoir près de soi un personne qui vous tient la main, vous parle, vous rassure... Je me souviens d'une de mes patientes qui n'avait ni famille, ni amis, je l'ai accompagnée jusqu'au bout en lui tenant la main, elle est partie apaisée. Je parlais du soin, un acte réalisé aussi par l'aide-soignante est la toilette mortuaire. Quoi de plus important en effet de présenter le proche, habillé, maquillé, apaisé avec certains de ses bijoux ou photo de famille. Il me semble important d'avoir une dernière image positive de son proche. Cette situation montre bien que le rôle de l'aide-soignante n'est pas que de servir les repas ou faire la toilette comme certains le pense !

Autre étape à ma carrière, aide-soignante à domicile. Je me rendais au domicile des patients pour les aider dans tous les actes de la vie quotidienne. Mon rôle n'était pas que le soin, mais aussi l'accompagnement, l'écoute, la présence car pour certains nous sommes la seule visite de la journée. Un petit sourire, serrer une main et parfois même un bisou font partis aussi des soins, de l'attention, de la considération tout ce dont une personne a besoin, le sentiment d'exister. Nous jouons un rôle très important : observer, détecter une situation d'urgence, de besoin ou de souffrance. Situation d'urgence comme pour moi lors de la chute d'un de mes patients, j'ai dû faire venir les pompiers, rassurer le patient et sa famille. Situation de besoin que ce soit d'ordre matériel (savon, changes...) ou aussi émotionnel, sensation de se sentir seul, parfois abandonné, délaissé d'où l'importance de notre présence.

Actuellement j'occupe un poste au sein d'une MAS (maison d'accueil spécialisée) qui accueille un public de tout âge avec un polyhandicap, conséquence d'une maladie ou d'un accident de la vie (accident de la route). Je tenais à dire que ce poste me remet les idées en place ! On se plaint parfois des « broutilles » et c'est là que l'on voit que nous ne sommes pas les plus à plaindre. Au sein de cet établissement, j'exerce mon rôle d'aide-soignante mais aussi de référente pour deux résidents. Cela consiste en l'élaboration de son projet de vie, connaître ses besoins, ses intérêts, ses désirs. Je participe aussi à de nombreuses activités hors du soin comme de la gym douce, de la balnéothérapie, des ateliers cuisine, danse, sorties extérieures, les fonctions supplémentaires d'une aide-soignante !

Je tenais aussi à te dire que l'aide-soignante peut évoluer dans sa carrière professionnelle. Pour exemple exerçant auprès de personnes handicapées, j'ai passé par la VAE mon diplôme d'aide-médicopsychologique, un nouveau diplôme en poche qui prouve que les aides-soignantes peuvent évoluer ! Voilà Pascale, j'espère t'avoir éclairci un peu les choses en te décrivant ce qu'est le métier d'aide-soignante même si j'en apprend encore aujourd'hui. J'espère t'avoir prouvé que j'aime mon métier qui pourtant au départ n'était pas celui que je comptais exercer (infirmière) mais je ne le regrette pas, je suis et nous sommes au plus proche des patients. Quoi de mieux que de se sentir utile et même je pense non j'en suis sûre indispensable !

Amélie, aide-soignante et fière de l'être
amelie.angenault@free.fr

« C'est un très beau métier et même plus que ça : une vocation ! »

Mon amie, cette lettre est pour toi. T veux devenir aide-soignante, ce métier est un métier humain ! Savoir écouter, comprendre, échanger, avoir de l'empathie pour l'autre, prendre soin de la personne chaque jour dans la vie quotidienne... Savoir sourire même si on ne te le rend pas, un simple regard, un geste sur la joue, sur la main peut avoir beaucoup de signification pour la personne devant toi. Oui, c'est un métier fatigant mais c'est tellement beau de prendre soin de l'autre et ta plus grande réussite c'est quand tu sortiras de la chambre et qu'on te diras merci madame ! Oui, un simple merci mais c'est énorme ! Oui, un simple merci, un grand sourire et tu sauras que ta mission est réussie ! Aide-soignante, on devrait dire aide à la personne à se sentir bien physiquement et moralement, retrouver sa dignité, avancer, continuer sa vie dans les meilleures conditions. Alors, vas y fonce ! C'est un très beau métier et même plus que ça : une vocation ! Alors  à toi de jouer !

Isabelle, aide-soignante et fière de l'être
deconinckisabelle.as@gmail.com

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