Quid de la place de l'aide-soignant dans le système de santé

Les 22 et 23 janvier 2015 se sont tenues les premières Journées francophones des aides-soignants autour de la thématique « L'aide-soignant en présence d'une personne atteinte de troubles du comportement, comment communiquer pour être bientraitant ? ». L'occasion notamment d'aborder, durant une table ronde, un sujet qui est cher à la profession car très rarement traité : la place de l'aide-soignant dans le système de santé.

aide-soignante personne âgéeEnviron 400 personnes se sont réunies à Paris les 22 et 23 janvier 2015 lors des premières Journées francophones des aides-soignants organisées par Trilogie formation avec le soutien de la Fédération Nationales des Associations d'Aides-Soignant(e)s (FNAAS) et l'Union Française des Aides-Soignant(e)s (UFAS). La thématique « L'aide-soignant en présence d'une personne atteinte de troubles du comportement, comment communiquer pour être bientraitant ? » a été largement débattue durant ces deux journées, mais pas que. Alors que les aides-soignants sont en manque de reconnaissance et en souffrance, comme l'ont souligné Denis Fischer, vice-président de la FNAAS, et Thérèse Palla, présidente de l'UFAS, le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes s'est voulu rassurant sur le devenir de la profession durant la table ronde qui s'est déroulée le 22 janvier 2015. Ainsi, l'avenir de la profession, les transferts de compétences ou encore la formation ont été abordés par Denis Fischer, Thérèse Palla, Maître Gilles Devers, avocat au barreau de Lyon, Laëtitia Faveraux, Chargée de mission pour les personnels soignants au ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes et Guy Boudet, également représentant du ministère de la santé.

Vers une réingénierie du diplôme d'État aide-soignant

Les intervenants de la table ronde sont tombés d'accord sur une chose : la formation et le métier d'aide-soignant doivent être rénovés. Rappelons que la dernière réingénierie de la formation date de 2005. D'où la nécessité d'adapter le diplôme d'État aux évolutions de la demande en soin. Comme l'a indiqué Laëtitia Faveraux, une première étape a été franchie en 2010 avec la création d'une nouvelle fonction pour les aides-soignants : « Assistants de soins en gérontologie », mais cela n'est pas suffisant. Il est également nécessaire qu'une évolution de la profession en termes d'actes voie le jour, et cela passera par une modification du droit. Pour l'heure, aucun calendrier n'est fixé, mais Laëtitia Faveraux a précisé que les réflexions seront engagées dans les mois à venir -probablement durant le second semestre 2015 notamment par la mise en place d'un groupe de travail pour la réingénierie de la formation- autour des activités, des compétences et de la formation des aides-soignants. Guy Boudet a ajouté que les évolutions s'axeront autour de :

  • la segmentation des publics (psychiatrie, fin de vie...) ;
  • la bientraitance et la qualité des soins ;
  • le rapprochement du sanitaire et du social.

Par ailleurs, Laëtitia Faveraux a noté qu'il existait une forte demande de délégation d'actes techniques pour répondre à des problèmes d'organisation des soins. On s'attend donc à ce que les aides-soignants se voient confier, dans les mois à venir, des actes plus techniques, et ce tout en respectant la législation en vigueur. La Chargée de mission pour les personnels soignants a également souligné que le premier protocole de coopération infirmiers/aide-soignants (PDF) a été adopté par la Haute Autorité de Santé en octobre 2014 . En voici sa substance : « Sur prescription médicale, réalisation par l’aide-soignant, en lieu et en place de l’infirmier, de soins d’élimination fécale pour des patients atteints de troubles neurologiques chroniques, pris en charge à domicile par le SSIAD pour personnes handicapées », un acte technique, certes, mais valorisant ? En tous les cas, ces évolutions sont très attendues par les aides-soignants qui considèrent que le fossé entre le contenu de la formation et le terrain ne cesse de s'élargir. Les AS devraient, à terme, bénéficier d'un exercice plus autonome afin de répondre au mieux aux besoins des patients et plus largement de la société.

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