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Une stratégie pour « Prendre soin de ceux qui nous soignent »

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a dévoilé, le 5 décembre 2016, le premier volet d'une stratégie en trois axes visant à améliorer la qualité de vie au travail des professionnels de santé. Explications.

Annoncée en octobre 2016, la stratégie nationale d'amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé a été lancée le 5 décembre 2016 par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé. Au travers de cette stratégie, elle souhaite la mise en place d'actions concrètes afin de « Prendre soin de ceux qui nous soignent », particulièrement malmenés au cours de ces derniers mois.

Répondre aux évolutions et améliorer le quotidien des professionnels

soignantes hôpital infirmièresComme l'a souligné Marisol Touraine, la population vieillit et les pathologies changent, transformant ainsi l'exercice professionnel des soignants. Ce ne sont pas les seules évolutions auxquelles quelques deux millions de professionnels de santé doivent faire face puisqu'ils sont également confrontés, comme tous les Français, à la montée des incivilités, à la menace terroriste mais aussi à des patients qui en demandent toujours plus. Elle considère ainsi que disposer de conditions d'exercice qui permettent aux soignants de travailler sereinement et correctement est le minimum qui leur est dû. Pour la ministre, il est nécessaire de repenser dans sa globalité la qualité de vie au travail, d'où la mise en place d'une stratégie nationale qui fera de la qualité de vie au travail des professionnels de santé une priorité politique, portée au plus haut niveau.

Aujourd'hui, je lance une première étape d'un mouvement de fond qui sera complété d'un deuxième volet pour les professionnels libéraux, et qui s'enrichira de toutes les initiatives concrètes qui seront mises en œuvre sur le terrain.

Une stratégie nationale en deux volets

Le premier volet de la stratégie nationale d'amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels présentée par Marisol Touraine est consacré aux soignants exerçant au sein des établissements sanitaires et médico-sociaux. Il s'articule autour de trois axes décomposés en dix engagements :

  • donner une impulsion nationale, pour porter une priorité politique (Axe I) ;
  • améliorer l'environnement et les conditions de travail des professionnels au quotidien (Axe II) ;
  • accompagner les professionnels au changement et améliorer la détection des risques psychosociaux (Axe III).

Notre système de santé, c'est d'abord 2 millions de femmes et d'hommes. 2 millions de femmes et d'hommes confrontés comme tous les Français à la montée des incivilités, à la menace terroriste. 2 millions de femmes et d'hommes à qui les patients demandent toujours plus : plus d'informations, plus d'accompagnement, plus d'écoute… À qui les pouvoirs publics demandent aussi beaucoup, j'en ai pleinement conscience.

Concrètement, s'agissant du premier axe, la ministre va mettre en place, dès le début de l'année 2017, un observatoire national de la qualité de vie au travail et des risques psychosociaux des professionnels de santé. De plus, afin de résoudre les conflits internes avant qu'ils ne s'aggravent, Marisol Touraine souhaite que des médiations s'organisent. Ce dispositif prendra place au niveau local (conciliation entre pairs au sein des établissements), régional (médiateurs régionaux) et national (nomination d'un médiateur). La ministre de la santé propose en outre d'intégrer un module qualité de vie au travail dans tous les programmes de formations initiales - médicales, paramédicales et de directeurs d’établissements - de manière à développer des bonnes pratiques et favoriser le bien-être au travail. Les cadres seront ainsi mieux préparés au management. Par ailleurs, les professionnels vont pouvoir bénéficier, sur leur lieu de travail et en fonction de leurs besoins, d'une prise en charge globale (médicale, psychologique et sociale). Il s'agit ainsi d'offrir une cellule d'écoute aux personnels en difficulté. Autre engagement évoqué par la ministre, et pas des moindres, l'adaptation du régime indemnitaire et la valorisation des sujétions liées aux cycles de travail nécessaires à la prise en charge des patients 24h/24 (travail le dimanche ou la nuit). Dans cette optique, des concertations nationales vont être menées.

Dans son second axe, Marisol Touraine souligne l'importance de placer la qualité de vie au travail au coeur du dialogue et des politiques sociales. Elle souhaite généraliser l'élaboration de baromètres sociaux au sein des établissements qui devraient permettre d'identifier les axes de travail prioritaires à déployer en matière de qualité de vie au travail. Ils seront l'occasion de mieux percevoir les besoins des professionnels de santé et de mieux les écouter. Elle évoque également la systématisation d'entretiens annuels pour les professionnels non-médicaux afin de faire le point sur leur vécu professionnel, leur parcours et leur carrière. Autre engagement qui concerne de près les infirmiers, la ministre veut que l'on redonne de la stabilité et de la visibilité en matière de plannings pour que chacun puisse organiser sereinement sa vie personnelle en bonne articulation avec sa vie professionnelle. Ainsi, des discussions seront engagées au sein des établissements pour définir les conditions de modification de plannings à la dernière minute, une pratique souvent décriée par les soignants... Elle souhaite également que les initiatives en la matière qui existent déjà soient partagées et fassent l'objet de retours d'expérience. Par ailleurs, les établissements seront encouragés à développer des offres de services dédiés aux personnels sur le lieu de travail (pressing, livraisons de courses, démarches administratives). La sécurité des personnels sera elle aussi renforcée au travers de la mise en place du plan de sécurisation des établissements présenté le 3 octobre 2016. Par ailleurs, le dépôt de plainte par les personnels en cas d'actes de malveillance ou d'agression subis dans le cadre de leur exercice professionnel sera facilité.

L'objectif, c'est d'améliorer le quotidien des personnel, de leur redonner la fierté du travail bien fait. Parce que l'excellence de la prise en charge des patients dépend, pour beaucoup, de la qualité de vie de ceux qui les soignent.

Enfin, au travers du troisième axe, Marisol Touraine souhaite que soient recensés les dispositifs d'écoute, notamment les numéros d'appel téléphoniques afin d'élaborer un cahier des charges pour faciliter leur mise en oeuvre. Soulignons à ce titre qu'une plateforme nationale d'appel a été ouverte le 28 novembre 2016 par l'association Soins aux Professionnels de Santé (SPS). Cette plateforme est opérationnelle au 0805 23 23 36, numéro vert accessible 24H sur 24. Par ailleurs, un dispositif de déclaration des suicides et tentatives devrait être mis en place pour permettre une analyse de leurs causes et l'adoption sans délai de toutes les mesures appropriées, notamment en termes de prévention.

Le second volet de la stratégie nationale d'amélioration de la qualité de vie au travail sera quant à lui dévoilé début 2017 et concernera les professionnels de santé exerçant en ambulatoire. Il devrait ainsi répondre aux spécificités des conditions d'exercice des professionnels libéraux.

Cette stratégie d'amélioration de la qualité de vie au travail suffira-t-elle à rassurer les professionnels de santé qui manifestaient ces deux derniers mois ? Rien n'est moins sûr puisque même si un effort est fait en matière de pénibilité au travers de l'engagement visant à reconnaître les sujétions particulières liées aux rythmes de travail, les plans d'économies devraient se poursuivre. En effet, 30 millions d'euros seront consacrés sur trois ans à la généralisation d'équipes pluridisciplinaires (psychologues, assistants sociaux, conseillers en prévention des risques professionnels), mais aucune autre aide financière n'a été évoquée. Nous attendrons avec intérêt les réactions des différentes organisations professionnelles et autres syndicats qui avaient été consultés afin d'élaborer ces recommandations. Bien évidemment, nous partagerons leurs points de vue.

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