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A la Télé - Ehpad privés à but lucratif : derrière la façade, des témoignages accablants

Toilettes express, résidents laissés sans manger, par terre ou errants dans les couloirs, entrées, plats principaux et desserts servis en même temps dans la même assiette... la diffusion d'un reportage d'Envoyé Spécial, jeudi 20 septembre sur France 2, comporte des séquences proprement insoutenables. Issu d'une enquête de plusieurs mois auprès de trois Ehpad privés à but lucratif, ce document, révoltant, lève le voile sur le traitement réservé à des personnes âgées et dépendantes dans des établissements gérés par de grands groupes.

ehpad reportage

De vieilles dames apeurées ou assoiffées laissées seules dans des couloirs déserts, des personnes âgées renversées au sol après une chute et appelant à l'aide, en vain... Les images sont glaçantes. 

Découvrez, en replay, les images glaçantes du reportage d'Envoyé Spécial  

Nos parents et grands-parents seraient-ils maltraités et mal soignés dans certains Ehpad de grands groupes privés (Orpea, Korian, Les Opalines ou encore DomusVi) ? Pour connaître la vérité, l'équipe d'Envoyé Spécial a dû ruser. Les journalistes ont dû se faire passer pour des stagiaires, pour des actionnaires des groupes concernés, contacter des soignants, anciens-soignants ou encore des familles de patients. Et le constat dépasse de loin les craintes. A travers les films amateurs fournis par les familles, les soignants ou bien obtenus en caméra cachée, on découvre des personnes âgées livrées à elles-mêmes, des pensionnaires dépendants dans des situations de détresse insupportables ou carrément maltraités dans certains établissements du secteur privé, secteur qui représente un quart des établissements sur le territoire français. De vieilles dames apeurées ou assoiffées laissées seules dans des couloirs déserts, des personnes âgées renversées au sol après une chute et appelant à l'aide, en vain, une femme, tombée du lit, sa chemise de nuit relevée sur une couche, comme inanimée ou encore un résident, bien incapable de manger seul, assis devant son assiette pleine, sans secours. Les scènes font froid dans le dos. Les témoignages de plusieurs aides-soignantes vont tous dans le même sens : manque affligeant de personnel qui oblige à des cadences folles et qui débouche sur de la maltraitance, déshumanisation de leur travail, des toilettes qui durent 10 minutes alors qu'elles en mériteraient 25...  

"On devient maltraitantes à force d'aller vite, j'ai honte... confie une aide-soignante"

4,22 euros pour le petit-déjeuner, le déjeuner, le goûter et le dîner...

La question des repas est particulièrement édifiante. Pour garantir des marges importantes aux actionnaires des fonds de pension qui détiennent ces groupes, les repas sont gérés au centime près. C'est en tout cas ce que raconte un homme, filmé à visage découvert dans le reportage, un cuisinier dans un établissement Orpea. Sa maison de retraite facture un prix de journée moyen de 100 euros et propose sur son site internet "une restauration de qualité", précise la journaliste d'Envoyé Spécial. Pourtant, grâce au décryptage de documents internes à l'établissement, on apprend que la direction générale d'Orpea impose un budget par jour à toutes ses maisons de retraite : 4,22 euros de Coût Repas Journalier (CRJ). Avec cette somme, le cuisinier doit assurer le petit-déjeuner, le déjeuner, le goûter et le dîner de chaque résident. Un yaourt par jour par résident, pas plus, beaucoup de surgelé ou de bas morceaux de viande : tout est fait pour économiser (sur le dos des pensionnaires). Peu importe la qualité des repas, l'importance de consommer des produits frais, pas question d'ajouter un petit pain ou un yaourt à une personne souffrant de dénutrition. Seules les marges comptent... Un yaourt de plus à midi, une compote de plus à 4h, tout ça peut aboutir à un dérapage de budget et là après, on a des comptes à rendre tous les mois : pour quelle raison, qu'est-ce qui s'est passé ? Donc c'est très très compliqué, témoigne le cuisinier.

"Un yaourt de plus à midi, une compote de plus à 4h, tout ça peut aboutir à un dérapage de budget et là après, on a des comptes à rendre..."

A lire aussi : cet article de l'Expansion - Ehpad privés : plus chers, pas mieux

Même constat pour les soins. Là encore, les pensionnaires sont soumis à des quotas de couches (3 par jour et 2 la nuit). Qu'un résident malade ou seulement incontinent soit amené à avoir besoin d'un change de plus et il risquera de rester dans ses urines ou excrêments pendant des heures. Une démarche d'autant plus révoltante que l'enquête rappelle que les familles déboursent parfois des sommes très importantes pour placer un parent dans ces établissements : 3000 euros au minimum par mois... Le plus écoeurant dans tout cela ? Les groupes montrés du doigt affichent une santé financière indécente... Selon l'Expansion, cinq fondateurs de réseaux Ehpad sont d'ailleurs entrés au palmarès des 500 plus grandes fortunes de France. Certains visent déjà le marché chinois ou brésilien. Les marchés de l'or gris comme on dit...

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