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L’aide au repas et l’hydratation

Article Extrait de : Soins Aides-soignantes n° 33

Aide-soignant.com s’est associé aux éditions Elsevier Masson pour vous proposer une sélection d’articles issus de leurs deux revues aides-soignantes.

Cet article est extrait de la rubrique "Régles d'Orr" coordonnée et réalisée par Marie-Odile Rioufol, Cadre formateur, Lyon (69)

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aide au repas aide soignantL’apport alimentaire doit répondre aux besoins énergétiques et plastiques de la personne. L’apport hydrique permet d’assurer l’équilibre en eau de l’organisme en remplacement des pertes.

Certains troubles physiologiques, liés à l’âge ou induisant une désorientation, ainsi que certaines pathologies ne permettent pas à la personne d’assurer seule ses apports en nutriments et en eau. L’aide-soignante doit alors s’assurer de la prise du repas et de l’équilibre alimentaire et hydrique de la personne et l’aider, si nécessaire, pour prévenir une dénutrition ou une déshydratation.


La dénutrition, fréquente chez la personne âgée, résulte d’une insuffisance d’apports nutritifs
aux cellules de l’organisme. L’apport en glucides et en lipides permet à l’organisme de répondre à ses besoins énergétiques pour sa croissance et le maintien de sa température, et l’apport en protides répond aux besoins  plastiques de l’organisme, c’est-à-dire nécessaires pour l’entretien des tissus et leur réparation (cicatrisation).

La déshydratation résulte de modifications ou d’une diminution importante de la quantité d’eau dans l’organisme soit à l’intérieur des cellules (secteur intracellulaire), soit à l’extérieur des cellules (secteur extracellulaire). L’apport hydrique permet d’assurer le remplacement des pertes (urines, selles, transpiration, respiration) et doit être d’environ 2,5 litres par jour. Tout individu doit ajuster ses apports hydriques en fonction de ses besoins (1,5 litre environ apporté par les boissons). Lorsque l’organisme perd davantage d’eau qu’il n’en reçoit, le sang se concentre un peu plus, déclenchant une sensation de soif.

Objectifs et  organisation

Les objectifs de l’aide au repas et de l’hydratation consistent à :
• assurer la prise alimentaire et hydrique du patient afin d’éviter des complications ;
stimuler l’autonomie du patient dans la prise de son repas ;
aider le patient, partiellement ou totalement, à s’alimenter.

Lecture des transmissions

La lecture des transmissions permet de s’informer de :
contre-indications à la prise du repas (par voie buccale), par exemple, la nécessité d’être à jeun ;
un régime spécifique ;
la tonicité du patient et son état dentaire ;
précautions particulières à prendre lors du repas (risque de fausse route, etc.) ;
la prise de médicaments qui modifient l’équilibre hydrique (diurétiques, laxatifs, etc.) ;
circonstances qui demandent un besoin accru en eau : température ambiante élevée, canicule (les personnes âgées étant à risque) ;
la présence de symptômes ou de situations entraînant une déperdition en eau : vomissements ou diarrhées, fièvre, personne à jeun, etc.

Recueil des informations

Le recueil d’informations se pratique au lit du patient et permet d’observer et de prendre note de son appétit, de sa capacité à boire et à prendre son repas seul et de son état de fatigue pour déterminer l’aide à apporter.

Réalisation

Lorsque le patient est confortablement installé1, il faut procéder à l’aide au repas.

Efficacité

Selon le handicap du patient, sa fatigue, une immobilisation d’un membre (plâtre, appareillage, douleur), l’aide-soignante apporte une aide partielle ou totale à la personne.

L’aide partielle à la prise du repas consiste à :
préparer les éléments situés sur le plateau-repas : donner la serviette, ouvrir les barquettes et les pots, rompre les sachets, couper les aliments, comme les fruits par exemple, les éplucher, etc. ;
remplir le verre d’eau et le donner si nécessaire ;
si la fatigue s’installe, prendre le relais et faire manger en fin de repas.

L’aide totale à la prise du repas consiste à :
se placer au même niveau que la personne, s’asseoir à côté d’elle. Ne pas mélanger les aliments (sucrés/salés) dans l’assiette surtout si le repas est mouliné, lui demander par quoi elle veut commencer et si la température des aliments lui convient ;
prévenir le risque de fausse route : respecter le rythme de la personne, ne pas la brusquer, lui donner le temps de mastiquer et d’avaler lentement les aliments, s’assurer qu’elle a bien avalé avant de proposer une autre cuillère, lui laisser le temps de “souffler” entre deux cuillères, faire des pauses et proposer à boire entre les bouchées ;
en cas de perte d’autonomie psychique : nommer les gestes à pratiquer au fur et à mesure, guider et stimuler par la parole, inciter la personne à boire et, selon son degré de désorientation, passer régulièrement soit pour lui rappeler qu’il faut boire, soit pour lui remplir son verre et le lui tendre, soit pour tenir le verre et la faire boire.

Hygiène

Les gestes d’hygiène restent les mêmes que pour chaque soin : se laver les mains, revêtir une surblouse propre, proposer au patient de se laver les mains et éviter de mettre les doigts dans les verres ou les assiettes.

Sécurité

Pour assurer la sécurité du patient, l’aide-soignante doit :
• prévenir les fausses routes alimentaires par une installation correcte et le respect de certaines précautions lors de l’aide au repas ;
• s’assurer que la personne a toujours suffisamment à boire ;
• mettre en place une fiche “hydratation” pour les personnes à risque et noter les quantités prises ;
• encourager les personnes âgées qui ne ressentent pas toujours la sensation de soif et le besoin de boire, et les personnes désorientées qui oublient de boire ;
• rendre visite régulièrement au patient.

Confort

Le confort de la personne est assuré lorsque l’aide-soignante vérifie son installation et la réajuste éventuellement en cours de repas, propose à la fin de celui-ci une hygiène dentaire, définit avec elle ses boissons préférées pour l’inciter à boire (soupes froides, glaces, boissons fraîches, etc.).

Critères de qualité

L’évaluation de la qualité du soin s’effectue grâce aux critères suivants :
l’absorption du repas s’est effectuée sans risque et sans fausse route ;
en cas de problème, les gestes d’urgence ont été pratiqués et les fonctions vitales conservées ;
la personne s’hydrate régulièrement et ne présente pas de facteurs de déshydratation ;
une aide est apportée en fonction de ses besoins ;
la personne a mangé à son rythme et exprime sa satisfaction.

Relation

L’aspect relationnel est un élément clé de la prise en charge.

Avec la personne

Il s’agit d’expliquer la raison d’un changement éventuel du menu, de l’encourager au cours du repas, de ne pas la brusquer, de stimuler par la présence ou des paroles une personne qui exprime son manque d’appétit, de s’assurer de sa satisfaction pendant la prise du repas et, dans le cas contraire, de lui demander pourquoi.

Il faut également respecter sans jugement les habitudes alimentaires ou les interdits liés à sa culture ou à sa religion. L’utilisation de manoeuvres qui obligeraient une personne à ouvrir la bouche et à avaler le contenu de la cuillère contre son gré est proscrite.

Enfin, l’aide-soignante doit essayer de comprendre un refus de manger, expliquer l’importance de l’hydratation auprès des personnes à risque et solliciter les familles pour qu’elles participent à la prévention de la déshydratation, surtout par forte chaleur.

Avec l’équipe

L’aide-soignante note et transmet à l’équipe tous les signes liés à l’observation du patient : sécheresse de la peau, perte d’élasticité (pli cutané), sécheresse des muqueuses, agitation, quantité des urines, etc.

Chez les personnes déshydratées ou à risque, il est nécessaire de noter la quantité de liquide bu et celle absorbée et les aliments préférés sur la fiche alimentaire (par exemple : la personne a mangé 2 cuillères de pâtes, 3 bouchées de viande, ½ pot de yaourt).

Tout changement du comportement dans la prise du repas ainsi que tout incident doit être spécifié :
refus de manger, difficulté à déglutir, fausse route, changement de couleur du visage ;
dégoût, nausées, spasmes, hoquet, douleurs abdominales (pesanteur, crampes, brûlures), vomissements ;
une exagération de l’appétit : polyphagie ; une diminution de l’appétit : anorexie ; une exagération de la soif : polydypsie.

 

Note

1. Rioufol MO. Installation du patient et service des repas. Soins Aides-soignantes 2009 ; 31 : 10-1.

Soins Aides-soignantes n°33 S'abonner

Soins Aides-soignantes

Editeur : Elsevier Masson
6 n° par an
+ version en ligne de la revue (accès payant pour les Institutions)
Dimensions : 21 cm x 29,7 cm

Les rubriques : Actus - Rubriques alternées : Pathologie, Démarche de soins, Juridique, Domicile, Règles d’ORR, Psychologie, Diététique, Bien-être du soignant - Dossier, Fiches, Vie pratique, petites annonces, agenda.

• Avril 2010 • Article extrait de la revue Soins Aides-soignantes n°33

Règles d'ORR
Rubrique coordonnée et réalisée
par Marie-Odile Rioufol
Cadre formateur, Lyon (69)

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