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L’aide-soignante et le confort thermique du patient

Article Extrait de : Soins Aides-soignantes n° 28

Aide-soignant.com s’est associé aux éditions Elsevier Masson pour vous proposer une sélection d’articles issus de leurs deux revues aides-soignantes.

Cet article est extrait de la rubrique "Régles d'Orr" coordonnée et réalisée par Marie-Odile Rioufol, Cadre formateur, Lyon (69)

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Le confort du patient lié à l’équilibre thermique répond à un besoin fondamental, mais de nombreux éléments de l’environnement ou en relation avec la pathologie peuvent perturber cet équilibre complexe. L’aide-soignante peut mettre en place des actions simples et de bon sens pour aider une personne qui exprime un refroidissement à se réchauffer et lui changer son linge si elle a transpiré.

 

Participer au réchauffement d’un patient qui exprime un refroidissement en utilisant différentes techniques simples et efficaces, lui proposer un rafraîchissement, l’aider à s’hydrater et à changer de vêtements lorsqu’il a transpiré pour être au sec font partie des missions de l’aide-soigante.

Actions pour réchauffer le malade

Les techniques pour réchauffer un patient sont des actions de bon sens.

Objectifs et organisation

L’utilisation de méthodes naturelles de réchauffement est préférable auprès d’un malade qui manifeste ou exprime un refroidissement du corps.
Le recueil d’informations se pratique au lit du patient et permet de :

  • l’observer et repérer des signes qui signifient un refroidissement :
    • une peau sèche et une pâleur cutanée,
    • des frissons, des extrémités froides ;
  • comprendre avec lui ce qui s’est passé et ce qu’il désirerait.

Il est nécessaire de s’informer auprès de l’infirmier et de proposer des actions en l’absence de contreindications.
Le matériel à préparer est le suivant :

  • couvertures ;
  • boissons chaudes ;
  • nécessaire pour un bain de pieds chaud.

Réalisation

Efficacité et confort sont à privilégier en effectuant les actions suivantes :

  • vérifier ce qui pourrait être générateur de froid :
    • courants d’air, fenêtre entr’ouverte, radiateur éteint ;
    • patient mouillé suite à des fuites au niveau d’une sonde, d’une perfusion, de la vessie de glace, ou à cause de fuites urinaires, d’une transpiration excessive ;
    • le matelas à eau peut être refroidi si le lit a été maintenu découvert.
  • mettre en place des actions de réchauffement :
    • augmenter la chaleur de la pièce grâce au radiateur, disposer des couvertures ou des vêtements supplémentaires sur le patient ;
    • administrer des boissons chaudes (sauf contre-indication) ;
    • proposer une friction douce ou un bain de pieds chaud (sauf contre-indication) ;
    • prendre les mains du patient, les réchauffer dans ses propres mains et proposer une cuvette d’eau chaude pour les tremper ;
    • changer le linge du patient.
  • surveiller le patient, prendre sa température et transmettre à l’infirmier une baisse de celle-ci ou des signes d’alerte évoquant une hypothermie (température inférieure à 35,5 °C) :
    • le patient se recroqueville, somnole, a des paroles lentes et/ou confuses ;
    • il présente une cyanose au niveau des lèvres, ongles et/ou des membres engourdis ;
    • sa respiration est ralentie (bradypnée) ainsi que son rythme cardiaque.

La sécurité fait également partie des critères à respecter. Ainsi, la bouillotte est interdite en collectivité.

Les critères de qualité du soin, correspondant à la sécurité, l’hygiène et le confort, sont les suivants :

  • le patient est surveillé pendant tout le temps de son réchauffement ;
  • les actions mises en place permettent le réchauffement ;
  • l’alerte est donnée si aucune amélioration ne se manifeste ;
  • la surveillance est nécessaire auprès de patients qui ne peuvent pas exprimer un refroidissement : enfant, personne âgée, handicapée.

Relation

La relation avec la personne s’effectue par les actions suivantes :

  • lui rendre visite régulièrement et être attentif à son réchauffement ;
  • voir avec elle ce qu’elle désire pour l’aider à se réchauffer.

La relation avec l’équipe se fait en :

  • notant le soin et en le transmettant ;
  • transmettant à l’infirmier l’efficacité ou non du soin ainsi que les observations ;
  • notant la température.

Change du linge du malade qui transpire

Pour le confort du patient qui transpire, il est indispensable de lui proposer un rafraîssement et le changement de ses vêtements et de ses draps.

Objectifs et organisation

Lors d’épisodes d’hyperthermie, la transpiration excessive entraîne un grand inconfort pour le patient à cause de l’humidité et du refroidissement qu’elle génère. Changer le linge du patient qui a beaucoup transpiré lui permet de porter à nouveau du linge sec et d’apprécier un certain confort.
La lecture des transmissions permet de s’informer sur :

  • un ou plusieurs épisodes d’hyperthermie ;
  • la prise de médicaments pour faire baisser la fièvre ;
  • la prise de la température et sa fréquence par 24 heures.

Le recueil d’informations se pratique au lit du patient et permet de :

  • l’informer du soin et observer son état de fatigue ;
  • évaluer le matériel de change nécessaire en fonction de la transpiration.

Le matériel est le suivant :

  • serviette, chemise, alèse, taie d’oreiller, qui peuvent être mis à chauffer sur le radiateur ;
  • cuvette, eau et gant ou eau de toilette personnelle.

Réalisation

Dans un souci d’efficacité, il faut essuyer avec la serviette, rafraîchir avec l’eau ou avec l’eau de toilette, sécher au fur et à mesure, frictionner puis changer la chemise, la taie, l’alèse, et si nécessaire les draps. Il faut également surveiller le patient, et éventuellement prendre sa température.

La thermorégulation, un équilibre complexe
L’équilibre thermique est le résultat d’une harmonie entre la chaleur produite par l’organisme et la déperdition de chaleur.
La production de chaleur ou thermogenèse est liée au métabolisme cellulaire et dépendante de l’apport alimentaire et de l’activité musculaire.
La déperdition de chaleur ou thermolyse se fait par élimination : sueur, selles, urines, respiration.

Pour le respect des critères de sécurité et de confort, il est nécessaire de :

  • tenir compte de la fatigue du patient, agir rapidement et en douceur ;
  • veiller à ce que le patient reste couvert tout au long du soin ;
  • faire choisir entre un rafraîchissement à l’eau ou à l’eau de toilette ;
  • donner à boire pour réhydrater, et en cas de contre-indication, proposer un soin de bouche.

Pour respecter les critères de qualité du soin, il faut vérifier que le patient porte une chemise sèche, dispose d’une taie et d’une alèse sèches, qu’il est rafraîchi et réhydraté et exprime son bien-être et sa satisfaction.

Relation

La relation avec le patient est indispensable. Elle permet notamment d’évaluer son état de fatigue.

La relation avec l’équipe se fait en :

  • notant le soin et en le transmettant ;
  • transmettant le fait que le change a été effectué ainsi que les observations ;
  • notant la température.

Conclusion

En réchauffant un patient ou en le rafraîchissant par des actions simples et efficaces, l’aide-soignante participe à son confort et à sa sécurité.

Le saviez-vous ?
• La transpiration est un phénomène physiologique normal. Elle est assurée par les glandes sudoripares et permet à l’organisme de réguler sa température lors d’efforts musculaires ou de température ambiante élevée.
• Dans les situations d’urgence, notamment en cas de fièvre, l’évaporation sudorale importante représente le mécanisme essentiel de la thermolyse (déperdition de chaleur) entraînant une perte hydrique qui peut être responsable d’une déshydratation, surtout chez les bébés et les personnes âgées.

Soins Aides-soignantes n°28 S'abonner

Soins Aides-soignantes

Editeur : Elsevier Masson
6 n° par an
+ version en ligne de la revue (accès payant pour les Institutions)
Dimensions : 21 cm x 29,7 cm

Les rubriques : Actus - Rubriques alternées : Pathologie, Démarche de soins, Juridique, Domicile, Règles d’ORR, Psychologie, Diététique, Bien-être du soignant - Dossier, Fiches, Vie pratique, petites annonces, agenda.

• Juin 2009 • Article extrait de la revue Soins Aides-soignantes n°28

Règles d'ORR
Rubrique coordonnée et réalisée par Marie-Odile Rioufol
Cadre formateur, Lyon (69)

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