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L'alimentation par sonde gastrique

Article Extrait de : Soins Aides-Soignantes n° 24

Soins - Aide Soignante 24 S'abonner

Soins Aides-Soignantes

Editeur : Elsevier Masson
6 n° par an
+ version en ligne de la revue (accès payant pour les Institutions)
Dimensions : 21 cm x 29,7 cm


Les rubriques :
Actus - Rubriques alternées : Pathologie, Démarche de soins, Juridique, Domicile, Règles d’ORR, Psychologie, Diététique, Bien-être du soignant - Dossier, Fiches, Vie pratique, petites annonces, agenda.

Aide-soignant.com s’est associé aux éditions Elsevier Masson pour vous proposer une sélection d’articles issus de leurs deux revues aides-soignantes.


Cet article est extrait de la rubrique "Régles d'Orr" coordonnée et réalisée par Marie-Odile Rioufol, Cadre formateur, Lyon (69)

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L’alimentation entérale est une méthode de substitution de la nutrition orale qui permet un apport nutritionnel pour un patient qui ne peut plus s’alimenter ou de manière suffisante. Une sonde est introduite dans le tube digestif par voie nasale ou par l’intermédiaire d’une stomie digestive. L’utilisation de la voie intestinale nécessite un bon état du tube digestif du malade.

L’alimentation par sonde gastrique consiste à introduire dans le tube digestif d’un patient, par l’intermédiaire d’une sonde, les aliments ayant subi un début de digestion (mixés, liquéfiés). Ce soin, relevant de la compétence de l’infirmière avec la collaboration de l’aide-soignante, doit prévenir les risques et les complications qui peuvent être liés à ce mode d’administration.

Objectifs et organisation

Lecture des transmissions et recueil des informations

- La lecture des transmissions permet de :

  • repérer la présence de patients sous assistance nutritive, à la suite de problèmes de déglutition, de suites opératoires sur le tube digestif, de cancers des voies digestives supérieures ou d’inconscience ;
  • s’informer de la nature du dispositif : poche ou nutripompe (encadré 1) ;
  • connaître la répartition quotidienne : distribution fractionnée, continue ou discontinue ;
  • déterminer avec l’infirmière l’aide dont elle peut avoir besoin.

- Le recueil d’informations se pratique au lit du patient et permet d’observer :

  • le déroulement de l’alimentation par sonde et le bon fonctionnement du système ;
  • les réactions éventuelles du patient et son ressenti sur le déroulement du soin ;
  • des signes d’alerte afin de prévenir d’urgence l’infirmière en présence de signes de fausse route, d’inhalation bronchique, d’asphyxie.

Matériel

- Le dispositif d’alimentation (figure 1), qui permet de distribuer l’alimentation, comprend, selon le mode de passage des nutriments : une poche,une tubulure et un pied à sérum utilisant le principe de gravité ou un appareil électrique instillant les aliments à débit constant, une nutripompe (encadré 1) ;

- Les produits nutritifs (composés de protides, glucides, lipides, fibres...) sont prêts à l’emploi, de préparation industrielle, stockés à température ambiante ou préparés par le service diététique ou la pharmacie, conservés au réfrigérateur et remis à température ambiante avant leur administration.

- En cas de changement de sonde par l’infirmière, il faut prévoir une sonde gastrique avec le matériel adéquat : anesthésique local, sparadrap, seringue (qui s’adapte à la sonde), compresses,gants stériles, stéthoscope.

Réalisation

Efficacité et confort

Dispositifs d’alimentation entérale

• Système par gravité : la poche Il est composé d’une poche (flacon ou boîte) et de tubulures similaires à celles du goutte-à-goutte de perfusion. La poche est accrochée sur un pied à sérum en surélevé (environ 1 mètre entre le produit et la sonde) et reliée à la sonde; une molette permet de régler le débit (figure 1).

Système avec régulateurs de débit : la nutripompe Il utilise une machine à pulser les mélanges nutritifs à débit précis et constant sur une longue durée :
– les pompes réfrigérées maintiennent le mélange nutritif entre 0°C et 4°C. L’alimentation peut être distribuée en continu ou en fractionné ;
– les pompes non réfrigérées sont de simples régulateurs de débit, généralement réservés à l’alimentation discontinue.

Quatre points sont particulièrement importants pour assurer l’efficacité du système et le confort du patient.

- Installer confortablement le patient en position demie-assise (sauf contre-indication) pour une meilleure digestion ; observer la sonde et vérifier sa bonne fixation et son positionnement dans l’alignement de la narine (pour éviter une compression du bord extérieur).

- Observer le branchement et vérifier le fonctionnement régulier du système.

- S’assurer que :

  • le liquide n’est pas trop froid (attention à la poche qui sort du réfrigérateur), le débit est régulier, qu’il reste suffisamment de liquide (flacons en quantité suffisante) ;
  • il n’y a pas d’air dans la tubulure et qu’elle n’est pas coudée ;
  • le système reste clos (extrémité de la sonde fermée par un bouchon et fixée par un sparadrap sur la joue) en cas de distribution fractionnée ou discontinue.

- Lors des soins d’hygiène quotidiens, il est nécessaire de :

  • laver le nez et la narine en contact avec la sonde, ainsi que la sonde (traces de produits gras ou collants) ;
  • dépister une rougeur sur le bord extérieur de la narine (risque d’escarre), modifier le contact de la sonde avec la peau ;
  • vérifier, à la fin du soin, l’état de la muqueuse buccale qui doit être rosée et humide puis proposer une hygiène dentaire ou faire rincer la bouche (sauf contre-indications).

- Effectuer un suivi de l’élimination urinaire et des selles, avec une surveillance du poids (en moyenne tous les trois jours).

Sécurité

Trois points concernent la sécurité :

- Être attentif aux risques de fausse route, d’inhalations bronchiques et d’asphyxie.

- Arrêter le débit ou la pompe et prévenir l’infirmière d’urgencelorsque le patient présente :

  • une toux,
  • des troubles respiratoires : polypnée, cyanose, respiration “barbottante”,
  • des vomissements, des douleurs abdominales, des régurgitations,
  • une diarrhée soudaine.

- Vérifier régulièrement le débit pour dépister une modification.

Hygiène et prévention des risques

Comme pour tout soin, le respect de l’hygiène est capital. Se laver les mains lors du soin et pendant la manipulation du système est donc indispensable.

- L’hygiène alimentaire a pour objectif de prévenir la multiplication des germes.

Ainsi, plusieurs règles s’imposent :

  • les boîtes entamées doivent être entreposées dans un réfrigérateur ;
  • les préparations ne sont sorties qu’au moment de l’administration des aliments ;
  • les mélanges ne doivent pas être utilisés s’ils sont restés plus de trois heures à température ambiante. 

- L’hygiène du matériel concerne deux points :

  • s’assurer de la propreté de la nutripompe en la nettoyant et en la désinfectant ;
  • changer les tubulures reliant la sonde à l’appareil selon le protocole (toutes les 24 heures ou à chaque repas selon le mode de distribution, continu ou discontinu).

Critères de qualité du soin

- L’infirmière est prévenue dès l’apparition de signes d’alerte.

- La nutrition est efficace et bien tolérée.

- Les selles et le poids sont surveillés.

- La muqueuse nasale est intègre, la muqueuse buccale est physiologiquement normale.

- Les règles d’hygiène générale et alimentaires sont respectées.

- Le patient exprime sa satisfaction.

Relation

- Avec la personne soignée, il est important de bien expliquer le déroulement du soin et les précautions à prendre (position demieassise), et d’être à l’écoute de toutes questions ou plaintes. Il faut donc aller la voir fréquemment.

- Avec l’équipe, il s’agit de noter les soins et de transmettre toute anomalie ou problème rencontrés auprès du patient : un débit trop rapide ou ralenti (sonde obstruée par des dépôts), des troubles digestifs (crampes, régurgitations, vomissements, ballonnements, gaz, diarrhée...). Enfin, il est indispensable de noter la présence ou non de selles, la diurèse, ainsi que la courbe de poids.

Le saviez-vous ?

L’alimentation entérale utilise les voies normales du tube diggestif par l’intermédiaire d’une sonde introduite :
– par la narine jusqu’au niveau de l’estomac (sonde nasogastrique) ou du jéjunum (sonde nasojéjunale) ;
– par une ouverture (stomie) pratiquée par le chirurgien au niveau de l’estomac (sonde de gastrostomie) ou du jéjunum (sonde de jéjunostomie).
L’alimentation parentérale est introduite directement dans le sang par voie veineuse (perfusion).

Références • Arrêté du 25 janvier 2005 relatif aux modalités d'organisation de la validation des acquis de l'expérience pour l'obtention du diplôme professionnel d'aide-soignant (référentiel d’activités). • Arrêté du 22 octobre 2005 relatif au diplôme professionnel d'aide-soignant (référentiel de formation). Arrêtés disponibles sur www.legifrance. gouv.fr

 

• Octobre 2008 • Article extrait de la revue Soins Aides-Soignantes n°24 

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