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Journées Francophones des Aides-soignants 2018

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La surveillance de la diurèse

Article Extrait de : L’aide-soignante • n° 114

Aide-soignant.com s’est associé aux éditions Elsevier Masson pour vous proposer une sélection d’articles issus de leurs deux revues aides-soignantes.

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Produites par les reins qui jouent le rôle d’un filtre, les urines évacuent les substances toxiques contenues dans le sang. Leur quantité, leur couleur et leur odeur peuvent être le reflet de certaines maladies. Les aides-soignantes sont à même de déceler et de surveiller ces anomalies qui font l’objet d’observations précises pour faciliter le diagnostic des praticiens spécialistes.

 

surveillance de la diureseLes reins filtrent le sang chargé de substances nocives et produisent l’urine : c’est le phénomène de la diurèse. Ce liquide passe dans les uretères, deux canaux reliant les reins à la vessie. Après avoir séjourné dans la vessie, l’urine est éliminée de notre corps par l’urètre.

Les reins agissent donc comme des filtres. Ils laissent passer l’eau, des sels et d’autres substances chimiques qui peuvent s’avérer dangereuses pour l’organisme comme l’urée, formée à partir de l’azote provenant des cellules. 

Les urines, de couleur jaune plutôt ambrée, d’odeur safranée et légèrement acide, sont plus ou moins foncées selon qu’elles sont concentrées ou non. Elles doivent être limpides. Une miction normale est volontaire, rapide, complète et sans effort. Les difficultés de production d’urine traduisent une anomalie du fonctionnement des reins ; les difficultés d’élimination une pathologie de la vessie, de l’urètre ou de la prostate.

Les anomalies de la diurèse

La diurèse varie en fonction de l’alimentation et des boissons consommées. Son volume varie de 1 à 2 L par jour. C’est un paramètre important de surveillance : ses modifications peuvent orienter vers une pathologie urologique ou néphrologique.

Une couleur brun acajou des urines peut être le témoin d’un ictère (jaunisse).

L’hématurie correspond à la teinte des urines en rose ou rouge par des traces de sang. Dans ce cas, il faut noter s’il y a ou non présence de caillots. Enfin, les urines peuvent être troubles, ce qui témoigne de la présence de leucocytes et de bactéries.

La dysurie traduit la difficulté d’émission des urines. Il peut s’agir d’une faiblesse du jet, d’une attente du jet avec nécessité de pousser pour déclencher la miction, d’une diminution du volume, d’un jet saccadé, de gouttes “retardataires”, ou de la sensation d’avoir incomplètement vidé sa vessie.

La polyurie désigne l’augmentation du volume urinaire. Elle correspond à un débit supérieur à 3 L par 24 h. Elle peut être consécutive à un apport hydrique trop important (prise de boissons en grande quantité), à un trouble de la sécrétion d’hormone antidiurétique ou à un diabète non équilibré avec une présence anormale de sucre dans le sang.

La pollakiurie est l’augmentation de la fréquence urinaire le jour et/ou la nuit. Pour la quantifier, il faut Schéma de l’appareil vésico-sphinctérien. faire tenir par le patient un calendrier mictionnel, c’est-àdire noter à quelle heure il urine et la quantité produite sur une période de 24 h. La nycturie est définie par le nombre de fois où le patient est réveillé la nuit par l’envie d’uriner, qu’on différencie des mictions nocturnes lorsque le patient est réveillé.

L’oligurie est une diminution importante du volume des urines, soit moins de 500 mL par 24 h.

L’anurie est l’arrêt total de la sécrétion d’urine (moins de 100 mL par 24 h). L’oligurie et l’anurie traduisent une insuffisance de fonctionnement des reins qui peut être aiguë ou chronique.

Les troubles urinaires fonctionnels

La rétention aiguë d’urine se différencie de l’anurie : les urines sont sécrétées normalement par le rein mais ne sont plus éliminées de la vessie. Cette rétention est due à un obstacle sur le trajet de l’urètre. Le plus souvent, chez l’homme, cet obstacle est d’origine prostatique, mais ce peut aussi être un calcul de l’urètre ou une volumineuse tumeur de la vessie. Parfois il n’y a aucun obstacle mais le muscle vésical est hypotonique, donc incapable d’expulser les urines. La débimétrie, examen qui permet de calculer le débit d’urine en millilitres par seconde, apporte un regard objectif sur ce symptôme. Normalement, le débit est d’environ 25 mL/s pour une miction normale de 250 mL. En dessous de 15 mL/s, il faut suspecter la présence d’un obstacle dans l’urètre, qui sera recherchée au moyen d’une échographie prostatique et vésicale. La rétention aiguë d’urine peut mener à une impossibilité totale de vider la vessie. Ce phénomène très douloureux nécessite en urgence un drainage vésical avec pose d’une sonde ou d’un cathéter sus-pubien.

L’incontinence est définie par la perte involontaire des urines qui se manifeste parfois à l’effort, lors d’une toux, d’un éternuement ou de la marche rapide ou lors d’une urgenturie qui est un besoin impérieux et irrépressible.

L’énurésie désigne une perte involontaire pendant le sommeil ; elle survient surtout chez l’enfant.

Conduite à tenir en cas d’anomalie urinaire

En cas d’anomalie urinaire, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) est effectué pour rechercher une éventuelle infection. Le test de la bandelette urinaire peut également être facilement réalisé (encadré). Une échographie ou un scanner sont ensuite les premiers examens d’orientation. Au niveau de la vessie, la radiologie sera complétée par une cystoscopie, quand les urines sont redevenues claires et sans infection, à la recherche d’une anomalie.

En ce qui concerne le rein et les uretères, on recherchera la présence d’un calcul ou d’une tumeur. L’hématurie nécessite un bilan complet car la présence de sang dans les urines témoigne d’une anomalie qui peut provenir de l’ensemble de l’appareil urinaire (reins, uretères, vessie, prostate).

Il peut être intéressant d’obtenir la chronologie de l’hématurie au cours de la miction :

  • en début de miction : hématurie initiale d’origine uréthro-prostatique ;
  • en fin et en milieu de miction : hématurie terminale d’origine vésicale ;
  • pendant toute la miction : hématurie totale d’origine plutôt rénale.

Chez l’homme, l’hématurie peut être due à une infection de la prostate si elle est accompagnée de fièvre, de frissons et d’un malaise général, ou due à un adénome ou un cancer. Le dosage du PSA (Prostatic specific antigene), protéine sérique spécifique du tissu prostatique, oriente le médecin.

Conclusion

La surveillance de l’élimination urinaire sur 24 h en observant la quantité, l’aspect, l’odeur et la couleur des urines fournit des renseignements importants sur l’état de santé des patients. La vigilance des aides-soignantes concernant les mictions et les urines est donc d’une grande importance.

Le test de la bandelette urinaire

Le test de la bandelette urinaire permet de détecter le dosage anormal de sucre et d’acétone (diabète), de protéines (insuffisance rénale), de leucocytes  et de nitrites (infection urinaire). Les taux de sodium, de potassium, d’urée,  e créatinine, d’urobiline, de calcium, e phosphore et d’acide urique peuvent ussi être dosés. La présence de cristaux d’oxalate de calcium est normale.
En savoir plus : Kachkache H. Le test de la bandelette urinaire. L’aide-soignante 2009 ; 107 : 16-7

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L’aide-soignante

Editeur : Elsevier Masson
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Les rubriques :
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• Février 2010 • Article extrait de la revue L'aide-soignante n°114

Ariane CORTESSE
médecin, service d’urologie
Hôpital Saint-Louis, AP-HP, Paris (75)
ariane.cortesse@sls.aphp.fr

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