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Les allergies alimentaires

Article Extrait de : L’aide-soignante • n° 119

Aide-soignant.com s’est associé aux éditions Elsevier Masson pour vous proposer une sélection d’articles issus de leurs deux revues aides-soignantes.

Cet article fait partie du dossier  "Les allergies".

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L’allergie alimentaire touche de nombreux sujets, particulièrement des enfants. L’identification de l’allergène nécessite une véritable expertise. Une fois que la dose minimale tolérée est déterminée, l’allergologue préconise des conseils adaptés à chaque patient. Pour les enfants accueillis en collectivité, un plan d’accueil individualisé est élaboré en partenariat avec la structure.

Allergies : symptomatologie et diagnosticEn France, le nombre de personnes touchées par une allergie alimentaire a doublé au cours des cinq dernières années. Aujourd’hui, plus de 2 millions de Français en sont victimes1. Les enfants sont de plus en plus concernés, dès le plus jeune âge.

Cette augmentation est un phénomène récent qui a débuté à la fin des années 1980 et qui s’observe dans l’ensemble du monde. Les sources d’allergie s’élargissent, compte tenu du changement des modes d’alimentation et de l’internationalisation des ingrédients de nos repas. Dès le plus jeune âge, les enfants sont donc exposés à une variété d’aliments plus importante qu’auparavant.

Les aliments allergènes

  • Chez l’enfant, en France, l’oeuf est le premier allergène par ordre de fréquence (34 % des cas) suivi par l’arachide (25 % cas), le lait (8 %) et le poisson (5 %)2.
  • Chez l’adulte, en revanche, les allergènes d’origine végétale occupent une place importante : les fruits du “groupe latex” (bananes, avocatSymptomatologie et diagnostics, châtaignes, kiwis) sont représentés à hauteur de 14 % des cas, suivis des rosacées (abricots, cerises, fraises, framboises, noisettes, pêches, poires, pommes, prunes), représentant 13 % des cas d’allergies. Les fruits secs oléagineux et ombellifères (aneth, carottes, céleri, graines de carvi, fenouil, persil) représentent 9,5 % des cas. Les allergènes d’origine animale sont minoritaires chez l’adulte2.

Symptomatologie et diagnostic

Diagnostiquer une allergie alimentaire nécessite une véritable expertise. Des unités hospitalières d’allergologie réalisent des tests de provocation alimentaire en toute sécurité : tests cutanés et analyses biologiques spécifiques.

La difficulté principale pour le praticien vient du fait que des maladies non allergiques peuvent mimer des symptômes d’allergie alimentaire. En effet, l’origine alimentaire d’une allergie ne préjuge pas de sa symptomatologie.

Les allergies alimentaires sont encore mal connues. Leur expression peut être extrêmement variée et changeante chez le même patient. Elles peuvent s’exprimer par des symptômes digestifs, respiratoires ou cutanés. L’allergie peut être due à l’ingestion d’aliments mais aussi au con  ct sur la peau de protéines alimentaires (cosmétiques, aliment).

Le lait de vache, l’oeuf, le blé et le soja représentant 90 % des allergènes responsables de l’eczéma de l’enfant1. Pour établir le diagnostic, il faut mettre en évidence le rôle de l’aliment dans les poussées d’eczéma. Étant donné qu’il existe un intervalle de 48 à 72 heures entre l’ingestion de l’aliment et les manifestations d’eczéma, il n’est pas toujours évident de faire le rapprochement et d’identifier l’allergène. Pour faciliter ce diagnostic, le patient devra tenir un carnet de suivi alimentaire sur un calendrier journalier.

Une source d’inquiétude

Les allergies alimentaires peuvent s’avérer gênantes dans la vie quotidienne voire être source d’inquiétude pour les patients ou les parents des jeunes patients. Le risque vital reste rare ; il nécessite alors un régime d’exclusion très strict (ce qui suppose de connaître les ingrédients de chaque plat avant de le consommer). Les allergies alimentaires infantiles ont un retentissement scolaire et économique, notamment du fait de l’absentéisme plus ou moins   portant.

L’allergie au lait de vache

L’allergie au lait de vache est souvent la première à apparaître dans la vie de l’enfant. Il convient de distinguer l’intolérance au lactose, présente entre 6 mois et 2 ans mais aussi après 50 ans et qui entraîne des troubles digestifs, de la véritable allergie aux protéines de lait qui peut se manifester par des troubles digestifs et extradigestifs. Il existe des réactions croisées entre les différents laits de mammifères, ce qui explique que l’on puisse être allergique au lait de vache mais aussi au lait de brebis ou de chèvre.

Il est important pour les sujets allergiques de connaître la présence et la quantité de protéines de lait dans les aliments, même les plus inattendus (le saumon par exemple).

Un projet d’accueil individualisé pour les enfants

Lorsque l’enfant allergique est accueilli en collectivité, notamment s’il est demi-pensionnaire, un projet d’accueil individualisé3 est établi en accord avec la famille, le chef d’établissement, le médecin scolaire, l’allergologue et le médecin traitant. Ce protocole doit répondre à quatre questions :

  • Quelles sont les particularités du régime alimentaire ?
  • Quel est le protocole de soins au quotidien ?
  • Quel est le protocole d’urgence en cas de problème ?
  • Quels sont les besoins spécifiques éventuels ?

La fin des régimes d’éviction stricts

Aujourd’hui, les médecins ne conseillent plus l’éviction totale de l’allergène mais préconisent des régimes autorisant la quantité minimale tolérée par l’organisme. En effet, les évictions totales diminuent la tolérance et ne permettent pas la guérison.

Si la dose minimale tolérée a été préalablement déterminée, une réintroduction très progressive de l’aliment concerné, sous surveillance médicale, est possible, jusqu’à ce qu’il soit consommé en quantité normale sans apparition d’allergie ou de réactions cutanées.

L’éducation thérapeutique reste à cet égard une étape finale indispensable pour que les sujets s’approprien  leur allergie et apprenent à vivre avec.

Notes

  1. Coll. Les allergies alimentaires explosent. Panorama du médecin 2010 ; 5186 : 25-36
  2. Source : Cercle d’investigations cliniques et biologiques en allergologie alimentaire (Cicbaa) ; www.cicbaa.com
  3. Circulaire interministérielle n° 2003-135 du 8 septembre 2003 “Enfants et adolescents atteints de troubles de santé - Accueil en collectivité des enfants et des adolescents atteints de troubles de la santé évoluant sur une longue période” ; www.education.gouv.fr 

Lexique

Allergie : hyper-réactivité immunologique (faisant intervenir le système immunitaire) de l’organisme, après l’ingestion d’un allergène.

Allergène : substance capable de sensibiliser l’organisme de certains individus et de déterminer, lors de sa réintroduction, des manifestations pathologiques. En eux-mêmes les allergènes ne constituent pas un danger pour l’organisme, à la différence des bactéries, des virus ou des parasites, mais le système immunitaire de certaines personnes les considèrent à tort comme tel et déclenchent une réaction de défense de l’organisme contre cet intrus à l’origine de la symptomatologie clinique.

Intolérance alimentaire : liée généralement à un déficit enzymatique, elle mime cliniquement les réactions allergiques mais ne répond pas à un mécanisme immuno-allergique proprement dit.

Source : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), www.afssa.fr/index

En savoir plus

  • Association française pour la prévention des allergies ; www.afpral.asso.fr
  • Afpssu. Allergies alimentaires et restauration scolaire ; www.afpssu.com
  • Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa)/Programme national nutrition santé. Allergies alimentaires, connaissances, clinique et prévention. Consultable sur www.sante.gouv.fr
  • Cercle d’investigations cliniques et biologiques en allergologie alimentaire ; www.cicbaa.org.
  • Dumont P, Kanny G.  llergies et intolérances alimentaires : deux problèmes différents. Mise au point de l’Institut français de nutrition, 2008 ; www.ifn.asso.fr/uploads/mise_au_point_n_2_102008.pdf
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L’aide-soignante

Editeur : Elsevier Masson
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Les rubriques :
Actualités - Dossier Formation – Zoom – Pratique - Fiche technique - Guide (livres, agenda, petites annonces…)

• Août-Septembre 2010 • Article extrait de la revue L'aide-soignante n°119

Anne BUISSON
cadre formateur
Ifsi Robert-Ballanger Aulnay-sous-bois (93)
anne.buisson@ch-aulnay.fr

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