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Les services d’urgences, une organisation spécifique

Article Extrait de : L’aide-soignante n° 106

L'Aide Soignante 106 S'abonner

L’aide-soignante

Editeur : Elsevier Masson
10 n° par an
+ version en ligne de la revue (accès payant pour les Institutions)
Dimensions : 21 cm x 29,7 cm

Les rubriques :
Actualités - Dossier Formation – Zoom – Pratique - Fiche technique - Guide (livres, agenda, petites annonces…)

Aide-soignant.com s’est associé aux éditions Elsevier Masson pour vous proposer une sélection d’articles issus de leurs deux revues aides-soignantes.


Cet article est extrait du Dossier "Les urgences au quotidien" coordonné par Catherine Dumas

  • État des lieux de l’accès aux soins d’urgence en France en 2009
  • Les services d’urgences, une organisation spécifique
  • Aide-soignante depuis 27 ans aux urgences
  • La contention physique, une pratique à modérer et à surveiller
  • Gérer l’agressivité aux urgences

 

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L’heure d’arrivée des patients et leurs pathologies étant impossibles à prévoir, un service d’urgences se doit d’être très bien organisé et l’esprit d’équipe particulièrement présent. L’aide-soignante doit réagir rapidement et efficacement en toutes circonstances.

Vu de l’extérieur, un service d’urgences peut ressembler à une fourmilière. Comme les fourmis et leur organisation, l’accueil et le traitement des urgences sont pensés et coordonnés.

Dans un centre hospitalier universitaire (CHU), le service des urgences répond en premier lieu à la dimension de service public, pour répondre aux besoins de la population du bassin de vie qui l’entoure. Selon l’environnement géographique de l’hôpital, le type de population qui fréquente les urgences est différent.

Un service à l’activité imprévisible

Les patients ayant recours à une consultation en urgence arrivent par leurs propres moyens ou sont amenés par l’ambulance, les pompiers ou le Samu (Service d’aide médicale d’urgence). La gestion des flux est donc peu prévisible et soumise à tout événement extérieur : grand froid, canicule, manifestations, événements (jour de l’an, carnaval, fête de la musique, techno parade)... Le service des urgences de l’Hôpital Saint Antoine à Paris (AP-HP, 75) assure une moyenne de 46 000 consultations sur l’année, ce qui porte le nombre journalier à 130.

Le profil des patients accueillis aux urgences est très variable et requiert une véritable évaluation dès l’accueil. Se présentent ainsi des personnes amenées pour un risque vital réel, d’autres en grande détresse psychologique voire sociale. Certaines viendraient également pour ne pas faire l’avance des frais chez un médecin libéral...

Le service des urgences est ouvert sur l’extérieur et se doit d’accueillir toutes les personnes, 24 heures sur 24. Ainsi, le service des urgences de l’Hôpital Saint-Antoine se trouve confronté aux impacts de la crise sociétale et économique dans toutes ses dimensions : il accueille des personnes sans domicile fixe, personnes âgées isolées et sans ressources, des personnes alcooliques, ayant fait une tentative de suicide ou victimes d’agressions, etc.

L’organisation d’un service d’urgences

Compte tenu de la diversité des situations rencontrées, le service des urgences est structuré en différents secteurs de soins ayant un objectif bien défini dans le parcours de prise en charge.

  • Une zone d’accueil et d’orientation, qui permet de cibler la priorité de prise en charge du patient et d’évaluer tout risque vital chez une personne qui se présenterait par ses propres moyens.
  • Une zone de déchoquage (également appelée salle d’accueil des urgences vitales) où sont soignés tous les patients véhiculés par le Samu, ainsi que ceux présentant un risque vital. Les premiers gestes de réanimation y sont donnés ainsi que des traitements adaptés.
  • Une zone de consultations comprenant une dizaine de “box” où les personnes pourront être installées et interrogées sur les circonstances d’apparition de leurs symptômes. Cet espace permet d’effectuer des prélèvements, de réaliser un examen clinique, de suturer si besoin.
  • Une salle d’observation ou de surveillance (également appelée zone de surveillance rapprochée), où les patients attendent les résultats de leurs examens qui détermineront la suite de leur parcours de soins. Parfois, cet espace sert de lieu d’hospitalisation transitoire, le service des urgences étant toujours confronté au manque de lits d’hospitalisation.
  • Une zone d’hospitalisation de courte durée (également appelée unité d’hospitalisation de courte durée), où la durée moyenne de séjour ne doit pas excéder 48 h. Ce secteur doit être réactif pour transférer au plus vite des patients dans les services de spécialités requis.

La place de l’aide-soignante

Les compétences que doivent développer les aides-soignantes sont très diversifiées. Elles doivent être capables :

  • d’observer un changement dans l’état physique ou comportemental d’un patient en attente ;
  • de mettre en oeuvre les soins et anticiper le parcours du patient, ce qui inclut notamment la préparation et l’entretien des salles, du matériel, le brancardage ainsi que la disponibilité pour porter des examens à intépréter en urgence.
  • de faire preuve d’une grande réactivité et d’une grande capacité de surveillance des patients, la prise en charge se déroulant dans un contexte moins cadré et plus stressant qu’une unité d’hospitalisation classique ;
  • de montrer de l’empathie face à des situations de grande détresse, de garder son sang froid si le patient se montre agressif ou violent.

Le service des urgences est par excellence un service où la notion d’équipe prend tout son sens, tous les professionnels convergeant, en un même et bref moment, vers le même objectif. Recruter du personnel pour le service des urgences est assez facile. Les candidats sont attirés par la diversité de l’offre de soins pour développer des compétences. Mais le stress ambiant et l’énergie requise rendent la mission des professionnels difficile, d’où un roulement important du personnel.

Lexique

IOA :
Infirmière organisatrice de l’accueil, auparavant appelée IAO pour infirmière d’accueil et d’orientation. Elle accueille les patients et réalise un recueil de données le plus exhaustif possible avec un bilan des fonctions vitales pour que le médecin réalise le tri et l’orientation.
Icar : Infirmière coordinatrice d’aval et de réseau. Son rôle est de fluidifier la circulation des patients à l’unité d’hospitalisation de courte durée afin de libérer des places et d’orienter les patients dans les structures spécialisées adaptées.
MAO : Médecin d’accueil et d’orientation. Il assure le diagnostic et l’orientation du patient.
Smur : Service mobile d’urgence et de réanimation. C’est la partie mobile du service des urgences qui secourt les patients en extra-hospitalier afin de les stabiliser et de les conduire aux urgences.
Samu : Service d’aide médicale urgente. Il organise l’aide médicale urgente en assurant la régulation des appels et la coordination des moyens, notamment mobiles.

• Avril 2009 • Article extrait de la revue L'aide-soignante n°106

Le service des urgences est ouvert sur l’extérieur et se doit d’accueillir toutes les personnes, 24 heures sur 24. Ainsi, le service des urgences de l’Hôpital Saint-Antoine se trouve confronté aux impacts de la crise sociétale et économique dans toutes ses dimensions : il accueille des personnes sans domicile fixe, personnes âgées isolées et sans ressources, Les services d’urgences, une organisation spécifique L’heure d’arrivée des patients et leurs pathologies étant impossibles à prévoir, un service d’urgences se doit d’être très bien organisé et l’esprit d’équipe particulièrement présent. L’aide-soignante doit réagir rapidement et efficacement en toutes circonstances. © Phanie/Burger Le service des urgences doit accueillir toutes les personnes, 24 heures sur 24. 015-016-AS106-dossierT2.qxp 23/03/2009 17:36 Page 15

Catherine Dumas
Cadre de santé, pôle urgences et médecine d’aval
CHU Saint-Antoine, Paris (75)
catherine.dumas@sat.aphp.fr

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